L’histoire de l’Algérie, en tant qu’héritage commun de tous les Algériens, est ici revisitée à la lumière de deux logiques contradictoires qui s’y affrontent depuis les origines. La première, appelée sédimentation-transformation, permet de comprendre comment s’est constitué le socle berbéro-arabe et musulman de l’Algérie. La seconde, appelée résistance-rivalité, met au jour les résistances permanentes que les Berbères, puis les Algériens, ont opposées aux multiples pouvoirs oppresseurs internes et externes, et leur dévoiement tout aussi fréquent par les rivalités intestines.

Depuis l’indépendance, sur fonds de violences extrêmes, ces deux logiques sont toujours à l’œuvre. Les uns souhaitent encore réduire le socle au seul arabo-islamisme, fut-ce par la force. D’autres veulent réhabiliter le socle berbère. D’autres, enfin, revendiquent l’émergence d’un nouveau sédiment démocratique. Car, amputer l’Algérie de sa berbérité, c’est priver les Algériens de leur socle originel. Et bloquer la transformation démocratique, c’est priver les Algériens d’un avenir pacifique et plein d’espoir. Pour l’auteur, il est temps que les Algériens se réapproprient tout leur héritage historique de sorte à choisir, librement et en connaissance de cause, leur futur et à le rendre possible.

L’auteur : Smaïl Goumeziane est universitaire et spécialiste de la Méditerranée. Il a déjà publié Le Mal algérien (Fayard 1994), Le Pouvoir des rentiers (Paris-Méditerranée 2003), Fils de novembre (Paris-Méditerranée 2004), La Tiers-Mondialisation (Corlet 2005), Ibn Khaldoun, un génie maghrébin (Non Lieu 2006).