Le rapport entre temporalités et migrations n’est pas seulement séquentiel et diachronique. Il se définit aussi comme une perception du temps dans le cadre de systèmes de représentations produit par l’expérience migratoire. Le temps des migrants entre en confrontation avec les temporalités des sociétés d’accueil qui font de « l’intégration » un processus nécessairement inscrit dans la durée. Il interagit aussi avec les temporalités des sociétés de départ. Les nouvelles technologies de communication permettent « aux migrants connectés » de mener leurs vies en simultané avec leurs familles restées dans leur pays d’origine. Ces nouvelles formes de communication n’affectent pas seulement le vécu de l’exil, mais aussi l’économie culturelle et les temporalités complexes qui émergent dans ces réseaux transnationaux.

L’expérience migratoire se nourrit en outre de projections vers le passé et l’avenir. Le changement d’échelle social, spatial et temporel – le passage de l’individu au groupe (famille, génération), de l’échelle nationale à l’échelle transnationale, de la synchronie à la diachronie – permet de mettre en évidence les logiques de continuité, en termes de cycles et de liens individuels, familiaux, de groupes, autant d’éléments structurants de la réalité migratoire. La question des rythmes de la migration est sous cet angle à nouveau posée, tant les relations avec les origines ne se manifestent pas de manière homogène dans le temps. Un cycle de retours ou de remobilisation du discours de l’origine commune apparaît désormais distinctement : tout d’abord un retour sur soi, sur ses racines de migrants, qui pousse à réhabiliter la mémoire de la migration dans le but de valoriser une histoire souvent méconnue et négligée par les grandes narrations officielles. Le souci du passé migratoire se manifeste aussi par la création de nouvelles formes de mobilités géographiques qui, à rebours de la migration première, voient les migrants (ou leur descendants) revenir sur leurs traces, vers les lieux de leurs origines pour des voyages habituels (vacances ou double activité) ou plus exceptionnels (pèlerinage identitaires ou tourisme des racines). La création d’associations centres d’héritage culturel ou de musées participent de ce foisonnement mémoriel. L’avenir est par ailleurs au centre du projet migratoire. La projection fréquente dans un hypothétique retour incite les migrants à élaborer des temporalités singulières dont le phénomène diasporique rend compte dans bien des cas.

Dans ce cadre, les propositions de communication devront mettre l’accent sur l’analyse des temporalités dans l’espace méditerranéen pour une période s’étendant du XIXe siècle au XXIe siècle. Elles pourront prioritairement porter sur les aspects suivants :

– les migrations temporaires
– les circulations de migrants
– les aspects transnationaux des migrations
– les arrivées, notamment à travers la question du transit et/ou de l’intégration
– le retour : comme réalité ou comme projet
– les représentations sociales des migrants et des courants migratoires
– les générations de migrants
– la mémoire des migrations ou des communautés migrantes
– la question du contrôle migratoire et des frontières

Modalités de soumission
Les propositions de communication en français ou en anglais seront transmises à l’adresse suivante migrations.temporalites@gmail.com avant le 30 septembre 2012.

Elles seront limitées à 3000 signes comporteront le nom, le statut et l’affiliation de l’auteur.

La sélection des communications par le comité scientifique du colloque sera rendue publique avant le 15 novembre 2012.

Les textes des communications (50 000 signes maximum) seront à renvoyer pour le 28 février 2013. Une publication est envisagée à l’issue du colloque.

Pour plus d’informations sur le colloque Migrations internationales et temporalités en Méditerranée (XIXème-XXIème siècle).