Quel est le point commun au XXe siècle entre les tirailleurs et les travailleurs indigènes, les réfugiés et les rapatriés coloniaux, les minorités discriminées, les insoumis et les rebelles indépendantistes, les migrants illégalisés et les demandeurs d’asile déboutés ?

Le fait d’avoir été, à un moment ou un autre de leur parcours en métropole, placés de force et confinés dans des camps, des cantonnements, des dépôts, des centres, des casernements, des logements contraints, dans toutes sortes de lieux isolés, inaccessibles et insalubres.

Cet ouvrage propose une sociologie historique des camps d’étrangers en France depuis la Première Guerre mondiale. À partir de différentes enquêtes et sources d’archives il s’agit de mettre en perspective la manière dont les pouvoirs publics et principalement la police nationale, ont mis en place et gérés des lieux d’internement administratif des étrangers.

L’auteur :
Marc Bernardot est professeur de sociologie à l’université du Havre. Spécialiste de sociologie historique de l’État, des migrations et du racisme, il a étudié les foyers de travailleurs et les camps d’étrangers. Il s’intéresse maintenant aux établissements humains précaires.

Sommaire:
Introduction : Présences des camps, absences de la sociologie

Première partie : Sociohistoire d’un mot
1. Discours scientifiques et polémiques sur les camps
2. Corpus, périodisation et comparaison
3. Qu’est-ce qu’un camp d’étrangers ?

Deuxième partie : Sociohistoire d’une technique
4. Immigration coloniale et internement
5. Des traditions nationales de l’internement
6. Formes et rapport à l’espace des camps d’étrangers

Troisième partie : Sociohistoire des populations
7. Lieux, frontières et circulations dans les camps d’étrangers
8. L’état des sans-État. Réfugiés et coloniaux en métropole
9. Identifications, assignations et résistances

Conclusion : Des camps discrets ? Dispersion et prolifération des camps d’étrangers

Site web éditeur