L’industrialisation – notamment dans le textile qui débute dès le milieu du XVIIIe siècle – attire une immigration de travail. Terre de refuge politique tout au long des XIXe et XXe siècles, elle attire une intelligentsia européenne et sa situation au coeur de l’Europe, conforte aujourd’hui ces caractères.
À partir de 1850, ses usines attirent des travailleurs de toute provenance : d’abord viennent les voisins de Bade, de Rhénanie, de Suisse, puis des étrangers plus lointains venus des rives de la Baltique et de la Méditerranée. Deux fois annexée, elle connaît une présence allemande importante qu’elle subit et dénonce.
L’Alsace est donc, plus encore que d’autres régions françaises, un kaléidoscope d’immigrations multiples et variées : Allemands, Italiens (souvent dans le bâtiment), Polonais (souvent mineurs de potasse), Africains, Asiatiques, Turcs, Roms et gens du voyage, juifs d’Europe centrale fuyant la tyrannie nazie.
C’est ce phénomène de deux siècles que les auteurs ont voulu appréhender et décrire tout en mettant en lumière la lente intégration, les échecs et les succès d’une cohabitation parfois difficile, et en présentant les défis actuels.

Les auteurs
Yves Frey est docteur en histoire et chercheur au CRESAT (Centre de recherches de l’Université de Haute-Alsace).
Il est entouré de trois autres collègues membres du CRESAT : Marie-Claire Vitoux (qui a participé avec Nicolas Stoskopf à l’édition du Journal de Marie-Joseph Bopp : Ma ville à l’heure nazie, 2004), Karin Dietrich-Chénel et Gilles Wolfs, ainsi que de Franck Michel (Université de Corse) et d’Aggée Lomo (UDS).