Après s’être intéressée, en 2005, aux « Migrations en mémoire » dans une optique assez large, la revue Diasporas poursuit cette exploration du côté des mémoires urbaines. L’approche par la ville fait écho au changement d’échelle des usages du passé, constaté depuis le tournant des années 1980. Le national s’est trouvé progressivement banalisé, concurrencé à la fois par les approches locales et, à l’autre extrémité, supranationales.

Pour les migrations, la ville apparaît comme un des observatoires les plus pertinents. Comment les mémoires de migrations contribuent-elles à la formation de mémoires de quartier ? Quelle place tient, dans cette saisie des souvenirs, l’expérience de la mobilité ? La question se pose à la fois pour des quartiers industriels et pour ceux d’habitat, qu’ils aient marqué l’histoire des immigrations dans la ville ou qu’ils concentrent aujourd’hui des boutiques et des activités « ethniques ».