Notre patrimoine historique « national » doit-il inclure l’histoire de la colonisation et de l’esclavage colonial ? La réponse positive, de bon sens, ne fait pas l’unanimité : soit parce que parler sans tabou du domaine colonial serait « faire repentance », soit parce que l’ignorance ou la négligence entretenues depuis plusieurs générations font qu’il ne vient même pas à l’esprit de beaucoup de nos concitoyens que notre culture nationale héritée n’est pas seulement hexagonale. La culture française (que d’aucuns veulent appeler « identité nationale ») résulte de tous les héritages mêlés dans un passé complexe et cosmopolite où le fait colonial a joué et continue par ricochet de jouer un rôle important.

Sommaire :
La prise de conscience de la question coloniale • L’histoire du statut de l’indigène • La première génération des historiens post-coloniaux • L’histoire des colonisés « vue d’en bas » • Un hiatus à combler • La relativité du silence colonial • Le déficit de l’école • Le cas particulier de l’esclavage • La fin d’un tabou ? • Travers & apport du postcolonial • Une histoire « postcoloniale » française en train de s’écrire • Mémoire & histoire : un débat amputé ? • Une querelle politique séculaire • De la confusion entre histoire & politique • Le quiproquo sur les « abus » coloniaux • Un faux concept : la repentance • Du « communautarisme » à la « fracture coloniale » • Du racisme colonial • Le mythe des peuples premiers • Le passé colonial au présent

L’Auteur :
Professeure émérite d’histoire contemporaine de l’Afrique (université Paris-Diderot), Catherine Coquery-Vidrovitch a notamment fait paraitre Des victimes oubliées du nazisme (Le Cherche-Midi, 2007) ; et L’Afrique noire de 1800 à nos jours (avec Henri Moniot, PUF [1999] 2005).