«Europa inch’Allah», c’est l’Europe rêvée de ces nombreux migrants qui transitent par la ville portuaire de Patras, à l’ouest de la Grèce. Venus d’Afghanistan, d’Irak, d’Iran, d’Erythrée, de Somalie, du Soudan, de l’Algérie et du Maroc, ces hommes déterminés attendent des mois, voire des années, pour se cacher dans un ferry en partance pour l’Italie.

Le livre de Stephanos Mangriotis, entre documentaire et fiction, retrace cette attente. « Je tente de ne pas faire des images « d’eux » mais des images « avec eux » prises dans un processus de partage », explique Stephanos Mangriotis dans la préface.

Sur des clichés en noir et blanc apparaissent des hommes saisis dans leur quotidien, dans leurs « espaces de vie » : des campements improvisés, des hôtels, des bateaux, des quais, des plages, des ruines… Certains prient, d’autres fument, tous tentent d’échapper à cette peur d’être attrapés. Dirigés vers la télévision, l’horizon ou le vide, leurs regards sont souvent perdus.