Objets exotiques, objets-fétiches, objets-témoins, objets d’art, les productions artistiques de l’Afrique noire ont soulevé les pires indignations ou fait les heures de gloire de l’ethnographie coloniale – en tant que documents, témoignages de sociétés dites « primitives ». Les avant-gardes s\’en saisirent au tournant du XIXe siècle. Ils devinrent alors des objets esthétiques qui entrèrent progressivement dans les circuits commerciaux. Recherchés, négociés, ils sont désormais hissés au rang de chefs-d’oeuvre en ce début du XXIe siècle et enflamment les cours du marché de l’art.

L’exposition saisit cette histoire qui se tisse entre parfums d’exotisme et spéculation du marché de l’art à travers trois temps forts qui expriment le rapport entre Afrique et Occident :

– La situation de découverte : missions chrétiennes, voyageurs de la fin du XIXe et début XXe.
– De l’objet « primitif » à l’objet ethnographique : collectionneurs, artistes de 1910 à 1960.
– De l’objet de civilisation à l’objet d’art de 1960 à nos jours.

Elle est accompagnée d’un catalogue publié par 5 Continents Éditions, qui vient prolonger la réflexion soulevée par l’exposition. Les auteurs, universitaires et conservateurs africains et européens, interrogent les enjeux autant que l’appropriation et le statut de l’œuvre africaine au sein des institutions et du marché de l’art occidental à partir des collections de la région Rhône-Alpes.

L’ouvrage, coordonné par Laurick Zerbini, maîtresse de conférences en histoire des Arts africains à l’Université Lyon 2, se termine par un catalogue raisonné des pièces présentées dans l’exposition.

Repères
Exposition : « L’Afrique de nos réserves, collections en Rhône-Alpes »
Du 16 décembre 2011 au 26 mars 2012 au Musée-Château d’Annecy