Avec près de 27 millions d’émigrants, la vie de la Péninsule doit beaucoup à cette Italia all’estero, trop souvent passée sous silence. Cet ouvrage a voulu rassembler les réflexions scientifiques de chercheurs et d’universitaires, mais aussi les témoignages des émigrés eux-mêmes ou de leurs descendants qui ont pris la parole pour raconter cette histoire. Car les récits de vie sont une autre manière d’appréhender le sujet.

ITALIENS 150 ans d’émigration réunit ainsi des contributions d’une grande diversité : analyses, parcours et portraits de ces migrants, depuis leurs régions d’origine – Vénétie, Frioul, Trentin, Emilie Romagne, Sicile, etc.-, jusqu’aux terres d’accueil, temporaires ou définitives, de France et d’ailleurs.

L’intérêt pour les racines ne découle pas d’une démarche passéiste. Il s’agit, au contraire, de reconnaître la richesse que l’on peut tirer d’une double appartenance. D’autant que l’histoire semble aujourd’hui s’inverser sous nos yeux. Au début du siècle dernier, d’innombrables Italiens démunis s’entassaient sur des paquebots transatlantiques pour partir tenter leur chance outremer; aujourd’hui ce sont de frêles embarcations qui traversent la Méditerranée, parce que d’autres peuples espèrent, à leur tour, une vie plus heureuse.

L’Italie fait désormais figure d’Eldorado pour ces étrangers originaires des Balkans, du Moyen-Orient, d’Asie ou encore d’Afrique. A l’heure où la Péninsule est devenue terre d’accueil – et souvent d’ostracisme – , il est important de se souvenir du parcours des migrants d’hier.