Pour les jeunes femmes asiatiques, devenir auteur soi-même, c’est-à-dire  » s’autoriser « , consiste de plus en plus à sortir de l’emprise en passant par l’exil. Aujourd’hui, certaines d’entre elles choisissent de venir faire leurs études en France. Le changement culturel que cela entraîne chez elles relève d’un processus complexe. De nombreux conflits intérieurs et relationnels sont à gérer et peuvent les conduire, soit à renoncer à leurs études, soit à s’isoler dans une communauté locale d’expatriés qui les sécurise, ou encore à trouver une médiation plus satisfaisante. Si les femmes sont à ce point  » travaillées  » par ces conflits de valeurs, c’est sans doute parce qu’en Extrême-Orient, l’emprise philosophique et culturelle du confucianisme joue un rôle considérable dans leur histoire depuis des siècles. Ce livre vise à éclairer la complexité de la situation de ces femmes, prises dans une certaine ambivalence, en rapport avec leur processus d’autonomie. C’est à travers une étude socioanthropologique portant sur des étudiantes coréennes, japonaises et chinoises de Taiwan que l’auteure développe sa réflexion. Cet ouvrage devrait permettre aux lecteurs de mieux connaître cette population féminine cultivée des pays d’Extrême-Orient dont la modernisation, pour la plupart, est déjà très avancée. L’ouvrage fait comprendre les contradictions internes, les possibilités et les impossibilités d’ouverture culturelle rencontrées par les étudiantes qui ont fait ce choix. Il pose la question difficile de la réalisation possible d’un métissage culturel entre l’Orient et l’Occident, au cœur de la personnalité des femmes concernées.

L’auteur :
Sun-Mi Kim, d’origine sud-coréenne, docteur en Sciences de l’éducation de l’université Paris 8 Saint-Denis et titulaire du DESS Multimédia de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Chargée de cours et formatrice dans l’interculturel en formation initiale et en formation d’adultes.