Comme chaque année, depuis la loi du 14 avril 1954 (Loi n° 54-415) , le dernier dimanche d’avril est consacré au souvenir des victimes de la déportation et morts dans les camps de concentration du IIIe Reich au cours de la guerre 1939-1945 . Ayant pour titre officiel, « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation », cette journée est l’occasion d’honorer la mémoire de ceux et celles qui ont été déportés dans les camps. D’après les chiffres officiels, environ 141 000 personnes furent déportées de France vers les camps de concentration et d’extermination durant la Seconde guerre mondiale, dont près de 75 000 Juifs parmi lesquels 11 000 enfants (3% seulement de ces Juifs survécurent aux camps). Mais les déportés de France ne comptaient pas que des Juifs. D’autres communautés et groupes sociaux furent touchées, parmi lesquels des résistants, des opposants politiques, des otages, des homosexuels, des Tziganes, des étrangers…

La déportation des Républicains espagnols

Parmi ces étrangers victimes du système concentrationnaire nazi, on compte notamment des Républicains espagnols qui s’étaient installés en France après avoir quitté leur pays suite à la Guerre civile espagnole (1936-1939). Commencée en août 1940, quelques semaines seulement après l’armistice franco-allemand qui mettait fin aux hostilités sur le territoire français et dans l’Empire, la déportation des « Espagnols Rouges » , considérés comme des opposants politiques par les occupants allemands et le nouvel état français, entraina plus de 30 000 Espagnols dans l’enfer des camps dont ceux de Mauthausen, Buchenwald, Auschwitz, Ravensbrück…

Comme beaucoup de leurs codétenus, les déportés espagnols furent employés à des travaux pénibles tels que la production d’armement lourd ou la construction d’usines souterraines. En dépit des conditions extrêmes de travail et de survie, et les risques sérieux qu’encouraient les détenus, certains déportés créèrent des organisations de résistance clandestines. C’est d’ailleurs grâce à certaines de ces organisations secrètes que des photos et des traces écrites (journaux intimes, mémoires, dessins) de l’univers concentrationnaire ont pu être sauvegardées.

L’association Triangle Bleu

Après la libération des camps en 1945, craignant pour leur vie en Espagne et refusant de vivre dans le jeune état franquiste, un certain nombre de ces déportés s’installèrent en France. Près de 60 années plus tard, grâce notamment au travail de mémoire de l’association Triangle Bleu (documentation et archives sur les républicains espagnols déportés de France) – en référence au triangle bleu cousu sur les uniformes des déportés espagnols – une partie de la mémoire de ces déportés a été conservée, notamment par la collecte d’archives (anciens journaux, photos..) et de témoignages d’anciens prisonniers. L’association Génériques , en partenariat avec Triangle Bleu, a notamment publié une brochure sur ce sujet (Les Républicains espagnols déportés de France) en 2005. Génériques a également collaboré avec Triangle Bleu à la publication d’un ouvrage : Montserrat ROIG, Les catalans dans les camps nazis, 2005. Ayant pour mission de préserver, traiter et diffuser les sources d’archives de l’histoire des étrangers en France, Génériques a participé au traitement des archives écrites et orales d’anciens déportés espagnols, consultables à Génériques, selon les modalités de consultation des fonds.