La commémoration de l’abolition de l’esclavage en France

Le 10 mai est, depuis 2006, la « journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ». Elle a été fixée par le président de la République Jacques Chirac, sur proposition de Maryse Condé, présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage. Elle correspond à la date de l’adoption par le Parlement, le 10 mai 2001, de la loi Taubira “reconnaissant la traite négrière transatlantique et l’esclavage”. La France est ainsi le premier Etat a avoir déclaré la traite négrière et l’esclavage “crime contre l’humanité”. Elle est également le seul Etat à avoir décrété une journée nationale de commémoration.

L’esclavage, une forme de migration forcée de population étrangère vers les colonies, a été aboli une première fois le 4 février 1794 en France pendant la Révolution, à l’initiative de l’abbé Henri Grégoire, cela afin de calmer les révoltes dans les colonies des Antilles. Mais Napoléon Bonaparte revient sur cette mesure et légalise l’esclavage le 20 mai 1802. Il faudra attendre le 27 avril 1848 pour voir définitivement adopté le décret d’abolition pour ce qui concerne les Colonies.

En application de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que “crime contre l’humanité”, un “Comité pour la mémoire de l’esclavage” (CPME) a ainsi été mis en place. Il porte aujourd’hui le nom de “Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage” (CPME) et “a pour mission d’assister de ses avis et recommandations le Gouvernement sur les questions relatives à la recherche, l’enseignement, la conservation, la diffusion ou la transmission de l’histoire et des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition”.

Si l’esclavage, défini comme le “fait pour un groupe social d’être soumis à un régime économique et politique qui le prive de toute liberté, le contraint à exercer les fonctions économiques les plus pénibles sans autre contrepartie que le logement et la nourriture”, a été définitivement aboli le 27 mai 1848 en France, il prend d’autres formes après cette date. Créé en 1994, le CCEM (Comité contre l’esclavage moderne) s’est donné pour mission de lutter contre toutes les formes d’esclavage moderne, qui touche principalement les immigrés, notamment contre l’esclavage domestique en France. Pour répondre à ces  formes d’esclavage moderne, les députés ont adopté le 15 mai 2013 un amendement  créant un crime d’esclavage et de servitude punis de 15 ans de réclusion.

 En savoir plus
- Site du Comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage
- Site du Comité contre l’esclavage moderne