La grève du foyer Sonacotra de Garges-lès-Gonesse

Cette affiche a été réalisée à l’occasion de l’expulsion par les CRS le 22 juin 1979 des résidents du foyer Sonacotra (SOciété NAtionale de COnstruction de logements pour les TRAvailleurs) de Garges-lès-Gonesse, un foyer de travailleurs célibataires situé dans le Val d’Oise et qui rejoint le mouvement de « grèves des loyers »  en septembre 1975. A travers cette mobilisation, les résidents protestent contre la hausse généralisée des loyers qu’ils jugent alors indécents en comparaison avec la qualité de vie qu’offrent les foyers Sonacotra et l’état de délabrement précoce des structures.

En 1979, la Sonacotra décide de fermer pour « raisons économiques » le foyer de Garges-lès-Gonesse que les résidents occupent alors en mai. La Sonacotra poursuit devant la justice les grévistes en lutte et demande l’autorisation de faire évacuer le foyer, ce qu’elle obtient au printemps 1979. La police intervient ainsi le 21 juin et procède à l’expulsion des résidents. Les grévistes expulsés organisent pendant l’été 1979 un campement devant le foyer fermé et gardé par des CRS.

Cette expulsion est à l’origine d’une forte médiatisation et d’un mouvement de solidarité de la population appuyé par des organisations chrétiennes et de gauche. La presse locale et nationale (Le Monde, La Croix, Libération) couvre ces événements : ce campement devient une des images symbolisant le conflit. Il accueille plusieurs rassemblements du Comité de coordination des foyers en grèves pour le soutien à la lutte des foyers et la dénonciation des lois Stoléru et Bonnet.

Pendant la campagne des élections municipales de 1979, François Mitterrand rend visite aux grévistes et leur apporte son soutien politique. Après avoir vu leur recours devant la justice débouté, les grévistes obtiennent finalement un accord avec la Sonacotra en janvier 1980 et mettent fin au campement. Le foyer réouvre en mai de la même année.