La Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983

La Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983 a mis sur le devant de la scène publique la « deuxième génération » issue de l’immigration maghrébine.

La fin des années 1970 et le début des années 1980 sont dominés par un climat parfois hostile vis-à-vis des populations immigrées, maghrébines essentiellement mais pas uniquement (crimes racistes, affrontements de jeunes des quartiers avec les forces de l’ordre, expulsions, durcissement des conditions d ‘entrée sur le territoire et de séjour, avènement du Front national…). C’est dans ce contexte que quelques jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux entament au printemps 1983 une grève de la faim pour protester contre les violences policières dont ils sont victimes. Parmi ces jeunes il y a Toumi Djaïdja, président de la jeune association SOS Avenir Minguettes créée à l’occasion de cette grève de la faim. En juin 1983, il est victime d’un tir policier qui le blesse au ventre. En réaction à cet acte et afin d’endiguer la spirale de la violence entre les forces de l’ordre et les jeunes des Minguettes, naît l’idée d’une manifestation non violente s’inspirant des marches de Gandhi et de Martin Luther King. Ce sera la première marche pour l’égalité des droits et contre le racisme

Soutenue par des associations, elle part dans indifférence quasi-générale le 15 octobre 1983 de Marseille. Elle se termine le 3 décembre à Paris où elle réunit près 100 000 personnes. Revendiquant leur appartenance à la société française, les marcheurs demandent le droit à l’égalité et à la justice ainsi que la fin des violences racistes. Ils seront aussi reçus à l’Élysée par François Mitterrand le soir du 3 décembre.

La Marche revêt une importance historique de part sa dimension « auto-affirmationelle ». « Premier moment d’expression de cette deuxième génération de l’immigration post-­coloniale », selon le sociologue Saïd Bouamama, elle a permis à la société française, d’après Ahmed Boubeker, « de prendre conscience de sa dimension multiculturelle ».