L’histoire postcoloniale de l’immigration africaine, et plus spécifiquement subsaharienne, en France a longtemps été négligée par les historiens et les sociologues. S’appuyant sur des archives inédites, La Parole immigrée vient rompre ce silence.

Ce livre s’emploie à restituer la place des migrants africains dans l’espace public en France, des indépendances jusqu’au début du mouvement des « sans-papiers », en décrivant les itinéraires de leaders associatifs et de militants syndicaux, d’avocats et de comédiens.

Deux thèmes forts apparaissent. Le premier montre les stratégies développées par les gouvernements africains, avec le soutien de l’État français, pour marginaliser les revendications des migrants dans l’ancienne métropole coloniale. Le deuxième révèle les pratiques de discrimination et les rhétoriques de stigmatisation publique qui ont dévalorisé l’immigration africaine, des ouvriers aux élites.

La Parole immigrée montre que les sociétés africaines et françaises partagent ainsi une histoire commune qu’aucun discours politique ne saurait défaire, histoire que les migrants tissent chaque jour, au fil de leurs souffrances et de leurs conquêtes.