Dès que fut lancée la vogue des cabarets antillais au début des années trente, pas une compagnie de disques, grande ou petite, ne voulut manquer d’inscrire à son catalogue un ou plusieurs orchestres de biguine. Ainsi grâce au phonographe nous est-il permis d’entendre le message toujours vivant des musiciens créoles disparus et de redécouvrir la richesse et l’originalité d’un patrimoine musical qui aurait pu se perdre à jamais.

Seuls les musiciens qui eurent la chance de traverser l’Atlantique avant la guerre purent laisser leur témoignage gravé dans la cire. Faute de matériel d’enregistrement sur place jusque dans les années cinquante, tout un pan de la vie musicale aux Antilles Françaises se trouve occulté. Ce n’est pas le cas d’autres îles de la Caraïbe comme Trinidad où se déplacèrent des compagnies de disques américaines dès 1912.

Les disques 78 tours originaux sont devenus des pièces de collection conservées au Département de l’Audiovisuel de la BNF et par quelques collectionneurs. Mais il en existe aujourd’hui d’excellentes rééditions CD publiées par des éditeurs phonographiques œuvrant pour le patrimoine.

C’est en octobre 1929 que sont gravés à Paris les premiers disques de biguine par l’orchestre de Stellio pour la marque Odéon. Ils se vendront à des milliers d’exemplaires.

Avant la guerre de 1939, Odéon possède le plus beau catalogue antillais avec Stellio de 1929 à 1930, Eugène Delouche de 1932 à 1933, puis Stellio à nouveau de 1934 jusqu’à sa mort. Odéon produit de nombreux autres artistes comme la Guadeloupéenne Mlle Armelin, le Guyanais Henri Volmar, mais aussi Nelly Lungla, Alexandre Kindou, Maïotte Almaby, Sosso Pé-en-Kin…

Les marques Polydor et Pathé sont également très présentes dans les musiques exotiques. Stellio y figure de 1931 à 1933. Pathé enregistre Eugène Delouche de 1935 à 1938 et Roger Fanfant en 1937. La firme Columbia produit quelques disques de biguine de 1931 à 1936. Le reste de la production antillaise se répartit entre des marques secondaires comme Inovat (1930), Salabert (1930-1931), Ultraphone (1931-1935), Parlophone (1931-1933), Cristal (1931-1936), Sonabel (1931-1932).

Après la guerre, Music Monde édite une série antillaise de 1946 à 1949 et Columbia signe un contrat d’exclusivité avec Sam Castendet à partir de 1950. Odéon ne s’intéresse plus qu’à Honoré Coppet et Alphonso. Pathé, en revanche, élabore tout au long des années cinquante un abondant catalogue de la nouvelle musique des Antilles avec les orchestres d’Abel Beauregard, Al Lirvat, Martinales et Alberto, Robert Mavounzy, Édouard Pajaniandy, Sylvio Siobud, Félix Valvert… De nombreux disques de biguine paraissent aussi chez d’autres marques qui voient le jour dans les années cinquante : Selmer, Ducretet-Thomson, Ritmo, Exotic, Lagriffoul, Saturne, Festival, Riviera, Radium, Philips…
Retrouvez l’ensemble de ces chansons antillaises et créoles sur le site de Lameca au format MP3, disponibles pour une écoute en ligne.

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