Le 5 octobre 1961, alors que les négociations devant mettre fin à la guerre d’Algérie ont commencé, le préfet de police Maurice Papon décrète un couvre-feu pour les Algériens à Paris et dans sa banlieue. Le 17, une manifestation pacifique à l’appel du FLN s’ensuit, qui sera sauvagement réprimée. Des dizaine de personnes seront retrouvées noyées dans la Seine. Cinquante ans après, ce crime n’est toujours pas reconnu comme tel ni condamné par les plus hautes autorités de la France.

Ce livre présente des documents de l’époque : le communiqué du préfet Papon, une circulaire administrative d’une précision glaçante, mais aussi des appels du FLN, le témoignage sous forme de reportage d’un jeune appelé, un tract de « policiers républicains » indignés par les actes auxquels on veut les associer.

Autant de pièces décisives éclairées ici par l’analyse de l’historien Gilles Manceron, et mises en perspective par Henri Pouillot, président de l’association Sortir du colonialisme, avec des débats actuels sur la colonisation.