Les historien ont peu pris en compte le genre des réfugiés. Les femmes sont souvent dépeintes comme des victimes, contraintes à une fuite rapide, ou des compagnes de proscrits, entretenant le souvenir du grand homme. Les auteur(e)s de ce numéro rompent avec ces habitudes.

Privilégiant le moment de l’exil et non celui de l’exode, ils explorent les formes sexuées de l’expérience sociale du refuge au cours de la période contemporaine. Cette expérience migrante est structurée par un statut dont les conditions d’attribution varient selon le contexte historique et le genre des migrants.

Cette perspective offre une compréhension plus fine de la condition des hommes et des femmes contraints à chercher refuge au sein de nos sociétés. De plus, la situation faite aux femmes en exil, prises dans des politiques du genre et du refuge, devient ainsi un véritable objet d’histoire.

La vie des exilés n’est pas réduite, cependant, aux contraintes subies. L’intérêt porté ici à leurs pratiques, à leurs stratégies, montre qu’elles ont su et qu’elles savent agir.