Ce livre évoque les migrations internationales qui affectèrent l’Amérique du nord et l’Europe du nord-ouest, entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. Tout en décrivant la cartographie des migrations et en faisant le point sur l’histoire des systèmes de contrôle, il accorde une large place à l’expérience des migrants et offre quelques beaux portraits d’hommes et de femmes en migration.
Proposant au lecteur une synthèse claire d’une historiographie riche mais difficile d’accès, il rappelle l’ancienneté des migrations de masse dans les pays occidentaux, ainsi que ce que nos sociétés contemporaines doivent à des exodes parfois oubliés.

Ce livre nous projette dans un monde parfois étonnamment proche du nôtre. Traversé par des migrants transnationaux, il est le théâtre d’exils de masse, de gigantesques déplacements de main-d’œuvre, que tentent de réguler des États confrontés à des pulsions xénophobes et racistes et à de violents soubresauts économiques et politiques. L’ouvrage incite alors tant à réfléchir à la genèse des systèmes migratoires contemporains et à celle de leur régulation, qu’à s’interroger sur ce que les migrations contemporaines ont de neuf et de spécifique. Ouvrage d’historiens et mise au point historiographique, il entend par là contribuer à la compréhension du monde contemporain en mettant à mal quelques évidences, telle celle qui veut que les migrants blancs et européens des siècles passé furent bien accueillis par les sociétés qu’ils rejoignirent et y trouvèrent facilement et rapidement leur place.

Les auteurs :
Philippe Rygiel est maître de conférences à l’Université Paris I, directeur adjoint du centre d’histoire social du vingtième siècle (UMR 8058)