Le théâtre portugais en France : Festival de teatro

Cette affiche dont le dessin représente une tête de méduse, reproduction d’un détail de vase conservé au British Museum, fait partie d’une série d’affiches reçues ou collectées par la Coordination des collectivités portugaises en France (CCPF) et qui annoncent, pour la plupart, des manifestations à caractère culturel organisées par la CCPF ou des associations membres. Ce collectif a été créé en 1982 dans le but de fédérer les associations portugaises en France et regroupe aujourd’hui près de 200 associations.

Le théâtre a été une des manifestations artistiques du mouvement associatif portugais en France à partir des années 1970. Le « théâtre de l’immigration », qui met l’accent à la fois sur les conditions de vies des travailleurs immigrés et sur leurs luttes, prend en effet son essor à cette époque. Plusieurs associations portugaises, comme l’Association culturelle et récréative de Fontenay-sous-Bois ou encore l’Association culturelle luso-française de Paris, ont ainsi rapidement créé leur propre groupe de théâtre. Néanmoins, ces compagnies de l’immigration ne duraient pas longtemps, rarement au-delà de trois ans.

Si dans les premières représentations, ces groupes mettaient en scène des pièces proches de celles qui étaient jouées dans les villages d’origine des immigrés, quelques immigrés portugais se sont peu à peu mis à écrire des sketchs ou des pièces qui prenaient pour thème l’immigration. On peut citer notamment la pièce en trois actes O Emigrante écrite en 1976 par le groupe de théâtre de Passy à Paris. Ou encore la pièce intitulée Dans la salle d’attente mise en scène par la troupe de l’association Encontro Português en 1973 et qui relate les obstacles rencontrés par les immigrés dans leur insertion à la société française. La scène immigrée pouvait également constituer un espace de contestation politique du régime en place au Portugal.

Pour aller plus loin :

Escafré-Dublet Angéline, “Les cultures immigrées sont-elles solubles dans les cultures populaires ?”, in Mouvements, n°57, 1/2009, pp.89-96