Si les Etats-Unis ont fait l’objet de nombreuses études sur l’acculturation des exilés, le Canada était en revanche encore largement ignoré, notamment parce qu’il n’a pas accueilli de personnalités emblématiques, mais plutôt des personnes « ordinaires »… aux parcours de vie extraordinaire. Entre 1933 et 1940, moins de 6 000 exilés au total ont pu entrer au Canada, qui pratiquait alors un politique très restrictive en matière d’immigration.

Le présent ouvrage est ancré dans la micro-histoire et la sociologie des migrations. Il a pour objectif de comprendre les processus d’acculturation et les modalités de redéfinition identitaire chez des exilés qui se sont trouvés pris dans un réseau d’interactions culturelles croisées, entre les attentes de la société d’accueil, celles des communautés ethnoculturelles au Canada et les sociabilités héritées de la Heimat.

Non seulement l’auteur a rassemblé des sources d’archives variées, notamment dans des fonds canadiens, mais il a également rencontré les exilés eux-mêmes. Leurs récits de vie témoignent de la complexité de la mémoire migrante.

Sommaire :
1. POUR UNE MICRO-HISTOIRE DE L’EXIL
Les mots de l’exil – L’exil des « gens ordinaires » – La spécificité canadienne – « Une société en train de se constituer » : méthodes et concepts – Quelles sources pour cette enquête ?

2. LES CHEMINS DE L’EXIL – ETUDE DES PASSAGES
L’exil des Abeles-Popper : un exemple de solidarité familiale – Le Canada et la « crise des réfugiés » des années 1930 – Les réseaux de l’exil – Les sociaux-démocrates des Sudètes à la conquête de l’ouest – Les Camp Boys, His Majesty’s/Most Loyal Internees

3. LES PARTICULARITES DU « CREUSET » CANADIEN : DE L’IMMIGRATION SELECTIVE AU MULTICULTURALISME
Une immigration sélective pour une nation différentialiste – De la « mosaïque » au multiculturalisme – « Ethnicisation », historiographie et mémoire culturelle

4. LES EXILES DES SUDETES : ENTRE HERITAGE SOCIAL-DEMOCRATE ET ANCRAGE GERMANO-CANADIEN
Sudetici a mari usque ad mare entre cohésion et dispersion – Un engagement politique à la fois local et transnational – Mémoire ethnique et promotion d’une identité germano-canadienne

5. DANS LES INTERSTICES DE LA « MOSAÏQUE » : LES « YEKKES »
L’histoire de la famille Weyl-Pfeiffer – Rupture/adaptation/intégration ? Ce que cachent les success stories – Les Yekkes : une jeunesse allemande – D’une « communauté » à l’autre ? – Identité, ethnicité et mémoire de la Shoah – Une nostalgie de la « symbiose judéo-allemande » ?

6. IMAGINER LE CANADA
Le Canada, une terra inculta ? – Défricher / déchiffrer le terrain et semer la culture – Henry Kreisel et l’écriture ethnographique – Relecture de vie et na(rra)tion

Conclusion

L’auteur :
Patrick Farges est ancien élève de l’Ecole normale supérieure et est agrégé d’allemand. Il est aujourd’hui maître de conférence à l’université de la Sorbonne Nouvelle.

Repères :
Le trait d’union ou l’intégration sans oubli
Itinéraires d’exilés germanophones au Canada après 1933
de Patrick Farges
Collection du CIERA dialogiques
Editions de la Maison des sciences de l’homme
Pages : 470p
Prix : 26,00 €
ISBN : 978-2-7351-1151-0

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