« Les émigrés parlent du 25 avril »

Le lundi 24 avril 1978,  la radio libre Radio 93 consacrait une émission à la parole des émigrés portugais sur le soulèvement du Mouvement des forces armées (MFA), événement plus connu sous le nom de Révolution des Œillets. Quatre ans plus tôt, ce coup d'état militaire du 25 avril 1974 avait entraîné la chute du régime salazariste au Portugal, alors plus ancienne dictature d'extrême-droite en Europe.

Sur cette affiche de promotion de l'émission,  plusieurs iconographies reviennent sur cet événement marquant de l'histoire du Portugal en proposant des silhouettes et des images de foules, le cliché d'une vieille dame devant un graffiti « fascismo nunca mais ! » ( Le fascisme plus jamais!) ainsi que des figures de ce soulèvement comme le capitaine Ramalho Eanes (portant des lunettes de soleil) ainsi que le général Costa Gomes (à gauche d'Eanes).

L'inscription en rouge « os emigrantes falam do 25 Abril » (les émigrés parlent du 25 avril) barre le haut de l'affiche et annonce l'émission donnant la parole aux émigrés portugais sur les ondes de Radio 93. Cette radio qui émet du 4, rue de Lanne à la Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) invite les auditeurs à venir témoigner sur place ou par téléphone à partir de 20h30.

Cet exemple d'antenne ouverte aux auditeurs témoigne du fort retentissement qu'a connu l'événement dans l'importante communauté portugaise en France. En effet, alors que l'on comptait 50 000 immigrés portugais en France au début des années 1960, les dernières années du régime salazariste ont vu croître considérablement leur effectif: au moment de la Révolution des Œillets, les immigrés portugais sont 750 000 en France, venus pour la plupart illégalement et en traversant trois pays et deux frontières (« a salto » ), et ils représentent alors l'immigration la plus nombreuse de l'Hexagone (dont près de la moitié d'entre eux sont installés en région parisienne).

En savoir plus :

Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Les phases de l'immigration portugaise, des années vingt aux années soixante-dix, mars 2001