Les résistants dans le dictionnaire historique

L’association Génériques s\’est engagée dans la création du dictionnaire historique de l’immigration depuis 2012. Au travers de biographies, de lieux, d’événements, d’organismes… ce travail souligne notamment l’engagement des étrangers en France durant la Seconde Guerre mondiale.

Nombre de républicains espagnols ou antifascistes italiens fuyant dictature et totalitarisme poursuivent ainsi leur combat pour la liberté au sein de la Résistance française. Les immigrés espagnols, italiens, roumains, hongrois, polonais, autrichiens, russes, allemands, bulgares, tchécoslovaques ont combattu au sein des fameux Francs-tireurs partisans de la main d’œuvre immigrée (FTP-MOI).

Une première recherche dans notre dictionnaire permet d’identifier de nombreux résistants étrangers. La plupart ont fait partie du groupe des FTP-MOI. Ce groupe de résistants est créé en région parisienne en 1941 et compte parmi les plus actifs. Une de leur action les plus connues est l’assassinat le 28 septembre 1943 du général SS Julius Ritter qui supervisait les réquisitions d’ouvriers français pour l’industrie allemande par le biais du STO, le Service du Travail Obligatoire.

Dans Odysséo, on découvre Cristina Boïco dite Monique, une jeune Roumaine venue en France pour poursuivre ses études de biologie. Elle intègre le service de renseignements des FTP-MOI à Paris. Ce service effectue une préparation en amont : recherche d’objectifs et repérage des lieux. A cette occasion, Cristina Boïco repère par hasard la présence du général SS Julius Ritter à Paris et suit ses déplacements. D’autres résistants du groupe FTP-MOI qui participent à l’assassinat de ce général sont aussi présents dans Odysséo tels que Leo Kneler dit Marcel aliasLéon Basmadjian , Marcel Rayman et Celestino Alfonso Matos.

Les arrestations de novembre 1943

En 1943, le groupe des FTP-MOI à Paris est dirigé par Missak Manouchian dit Georges. Très engagé dans la lutte contre le fascisme, ce jeune Arménien est adhérent du Parti Communiste depuis 1934, secrétaire du Comité de secours pour l’Arménie et membre du Comité d’aide aux Républicains espagnols. Les groupes dirigés par Manouchian accomplissent de nombreuses actions de résistance mais la répression s\’intensifie et le groupe est arrêté en 1943. Jugés par les Allemands, 23 résistants sont finalement condamnés à mort et 10 sont sélectionnés pour figurer sur l’Affiche rouge où ils sont présentés comme « l’armée du crime ».

Entre mémoire et histoire

Dans le dictionnaire historique, une recherche des Francs-tireurs et partisans français. Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) (France) fait ressortir la jeunesse de ces résistants étrangers morts la plupart en 1944.

Avec l’Affiche rouge, les Allemands ont cherché à stigmatiser les étrangers en inscrivant leur nationalité et leurs faits d’armes sous chaque portrait. Mais celle-ci devient un véritable symbole de la Résistance française. En 1993, elle figure sur l’affiche de l’exposition « Hommage aux étrangers dans la Résistance en France » organisée par la Ville de Besançon. D’autres manifestations entretiennent cette mémoire comme celle organisée à la Marie du 9e arrondissement de Paris sous le titre « Les étrangers dans la résistance et le 9ème sous l’occupation ».

En 1999, l \’exposition « La participation des « étrangers » aux combats pour la libération de la France » organisée par le Musée de la Résistance nationale en collaboration avec Génériques a été l’occasion de la publication d’un catalogue, hors-série de la revue Migrance. En une, la statue de Missak Manouchian par Aara Haroutiounian.