Fatima Besnaci-Lancou, éditrice et présidente de l’association Harkis et Droits de l’Homme, est l’auteure de Fille de harki (L’Atelier, 2003), prix Seligmann 2005, Nos mères, paroles blessées (Emina Soleil, 2006) et Treize chibanis harkis (Tirésias, 2006). Elle s’attache à collecter cinquante ans de mémoire des harkis et de leurs familles.

Gilles Manceron, historien et membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme, a écrit notamment Marianne et les colonies (La Découverte, 2003), 1885, le tournant colonial de la République (La Découverte, 2007), et, en collaboration, La colonisation, la loi et l’histoire (Syllepse, 2006) et D’une rive à l’autre. La guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire (Syros, 1993).

Qui étaient vraiment les harkis ? Mensonge et ignorance se conjuguent pour faire d’eux des traîtres à la cause algérienne. Pour la première fois, un ouvrage récapitule l’histoire des harkis en la replaçant dans celle de la colonisation de l’Algérie. Les harkis étaient des ruraux, confrontés à une guerre où les civils étaient l’objet de toutes les violences. Loin de faire un choix politique contre l’indépendance algérienne, souvent victimes du FLN, ils ont tenté de survivre afin de protéger leur famille. Au lendemain de la guerre, en Algérie, en maints endroits, ils ont été victimes de massacres. Ceux qui sont parvenus en France ont été enfermés dans des camps, subissant des conditions indignes qui relèvent d’une logique coloniale. A partir des années 1970, leurs enfants n’accepteront plus cette humiliation et s’organiseront pour réclamer justice. Leur combat se conjugue aujourd’hui au présent. Fruit de quatre années de recherche, abondamment illustré, ce livre donne la parole à des universitaires, des acteurs du conflit aux expériences différentes, des femmes et enfants de harkis. Préfacé par Jean Lacouture, il contribue, enfin, à faire entendre la vérité sur ce drame.