L’essor des mouvements des femmes immigrées

Au début des années 1970 apparaissent les premières organisations de femmes immigrées, inspirées à la fois des mouvements de l’immigration, de ceux de l’extrême-gauche et de ceux du féminisme. Les femmes, qui militent au sein des partis politiques, des syndicats étudiants ou des associations de travailleurs, décident de se regrouper entre elles. Ainsi, des militantes de l’Union nationale des étudiants marocains créent une Association des femmes marocaines en 1972.

Le Mouvement de libération des femmes (MLF) incite les femmes à rechercher leurs propres dynamiques d’émancipation. Plusieurs groupes se forment alors, comme la Coordination des femmes noires et le Mouvement des femmes noires en 1976 ou encore le Groupe femmes algériennes (GFA) en 1977. Les militantes immigrées tiennent à affirmer leur autonomie et refusent de subordonner leur lutte à des paradigmes tels que la lutte des classes, les luttes nationales, anticoloniales ou le combat contre l’impérialisme.

Dans les années 1970, les préoccupations principales de ces organisations portent sur la situation et les luttes des femmes dans leur pays d’origine. Le 1er juillet 1978, le GFA organise ainsi une manifestation de rue pour revendiquer « les droits fondamentaux des femmes algériennes ». Ces mouvements politisés restent minoritaires et ont peu d’impact. Cette marginalisation s’explique en partie par le fait que les femmes immigrées sont moins nombreuses que les hommes et que c’est la figure du « travailleur immigré » qui est valorisée.

Les mouvements des femmes immigrées connaissent un nouvel essor au début des années 1980. Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, les femmes sont nombreuses à se mobiliser contre les violences racistes, pour les droits des étrangers et à s’engager dans les mouvements de la jeunesse issue de l’immigration. Elles participent à la Marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983 et à Convergence 84 l’année suivante. On assiste alors à une multiplication du nombre d’associations qui rassemblent des femmes d’origines diverses, tournées vers la conquête des droits et menant une action de proximité.

En savoir + :
"Immigrées, exilées, femmes en luttes", exposition virtuelle de l’université d’Angers