Cette manifestation a été organisée du 7 au 27 octobre 1991 à la Mairie du 4e arrondissement par l'association Mémoire juive de Paris qui a pour but de rassembler et valoriser un patrimoine photographique de près de 6000 photographies traitant de l'immigration juive de 1880 à 1948. Ainsi, au centre de l’image apparaît ce qui semble être une famille d’émigrés. Celle-ci est composée d’un père avec un chapeau qui porte des bagages, d’un enfant aîné qui se tient juste à côté de lui et d’une mère qui porte un nourrisson. Dans un encadré, on retrouve les bornes chronologiques allant de 1880 à 1948 de l'exposition photo «L'immigration juive et son intégration dans la nation ». Entre la fin du XIXe siècle et l’après Seconde Guerre mondiale, l’immigration juive connaît plusieurs périodes. Au XIXe siècle, les Ashkénazes, Juifs de l'Est, constituent la première grande vague de migrants juifs à l’époque contemporaine. Après la défaite de 1870, des Juifs alsaciens viennent s'établir dans le quartier dit du « Pletzl » (‘Place’ en yiddish) à Paris. À partir de 1880, l'arrivée en France des Juifs de l'Empire russe fuyant les pogroms s'intensifie. Ils s’installent notamment dans le quartier du Marais à Paris. Ces quartiers anciens de la capitale sont alors attractifs car les logements délabrés sont peu chers. De nombreuses familles juives s'y établissent et constituent la main d'œuvre principale des ateliers de confection situés dans les quartiers centraux de la capitale. Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux Juifs, Français ou étrangers, se battent sous le drapeau tricolore. Après la Révolution russe de 1917, des migrants qui fuient la guerre civile rejoignent la France. Le démantèlement des empires d'Autriche-Hongrie et ottoman, entraîne aussi une immigration qui regroupe les différentes communautés juives. Les Séfarades, originaires des rives méditerranéennes, quittent les Balkans, en particulier la Grèce, la Roumanie, ou encore Istanbul et les pays du Moyen Orient. La France devient alors un carrefour des mondes juifs d’Europe et de la Méditerranée. Dans les années 1920, lorsque la France fait appel à l'immigration de masse pour combler son manque de main d'œuvre des Juifs de l’Est, de Pologne par exemple, s’installent en France. Dans les années 1930, l’installation des régimes totalitaires poussent à l’exil de nombreux Juifs allemands, puis Autrichiens, qui traversent la France où s’y installent durablement. Durant la période de l’Occupation, les Juifs français ou étrangers sont victimes des persécutions qui conduisent à la déportation de 75000 personnes vers les centres de mise à Mort en Pologne. Au lendemain de la guerre, la communauté juive se reconstruit et accueille de nouvelles vagues de communautés démembrées, voire dissoutes, durant la Shoah. En savoir plus: Nancy Green, Les travailleurs immigrés juifs à la Belle Époque. Le « Pletzl » de Paris, Fayard, 1985.