L’immigration tamoule en France

Cette affiche annonçait l’exposition photographique Vanakam ! Les Tamouls sri-lankais en France de Jean-Michel Delage présentée à Génériques à Paris du 30 octobre au 26 novembre 2000. Le terme Vanakam signifie en langue tamoule à la fois « bonjour », « au revoir » et « à bientôt ». La photographie de l’affiche montre un groupe d’enfants d’origine tamoule assis devant une table garnie de plats typiques dans une pièce remplie d’objets traditionnels en présence d’adultes habillés en veshti et en sari

La présence en France de personnes originaires du sous-continent indien s’explique en partie par le passé colonial français. Au XVIIe siècle, les Britanniques contrôlent un vaste territoire en Asie et ne laissent que très peu d’espace à l’implantation de la France qui administre alors cinq comptoirs sur les côtes indiennes : Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Mahé et Yanaon.

La fin de la présence française en Indochine a entraîné le rapatriement des Tamouls d’Indochine constituant la première vague d’installation d’importance tamoule en métropole. En 1947, l’Inde qui a obtenu son indépendance fait pression pour récupérer les comptoirs toujours sous administration française. Un accord pour la restitution de ces territoires est entériné en 1956 mais n’est effectif qu’en 1962. Cette même année, la France laisse six mois aux résidents des comptoirs pour opter pour la nationalité française ou prendre la nationalité indienne. Environ 5 000 familles tamoules choisissent la France, certaines s’installent en métropole.

La France a connu d’autres vagues de migrations du sous-continent indien augmentant ainsi la diaspora tamoule. Dans les années 1950-1960 approximativement 50 000 Indo-Mauriciens arrivent dans l’Hexagone. À partir des années 1970, la France est la destination d’environ 80 000 à 100 000 Tamouls sri-lankais qui fuient la guerre civile. Une partie d’entre eux s’installent dans le quartier de La Chapelle à Paris, aussi appelé « Little Jaffna ». Ce territoire concentre les fonctions économiques, commerciales, identitaires et politiques de la diaspora tamoule. De nombreux magasins, des écoles tamoules (tamoulcholaï) ou encore des temples hindous témoignent de la vitalité de la diaspora. Un autre aspect de ce dynamisme est l’organisation annuelle du festival de Ganesh, en l'honneur du dieu à tête d'éléphant, qui réunit des milliers de personnes dans les rues du quartier de La Chapelle.

En savoir plus:

- Angélina Etiemble, Les Sri-lankais dans la région Ile-de-France. De l'accueil à l'installation : le rôle du communautaire, Paris, ADERIEM/FAS, 2001.
- Jean-Michel Delage, Vanakam ! Les Tamouls Sri-Lankais en France, Livry-Gargan, Castor & Pollux, 2004, 128 p.
- Anthony Goreau-Ponceaud, « La diaspora tamoule : lieux et territoires en Île-de-France », L'Espace Politique [En ligne], 4|2008-1, mis en ligne le 30 avril 2009. Article disponible en ligne (consulté le 26 novembre 2015).
- Catherine Servan-Schreiber, Vuddamalay Vasoodeven, « Diasporas indiennes dans la ville », in Hommes et migrations, n°1268-1269, juillet-octobre 2007, pp.6-194.