Deux mois avant le début de la Coupe du monde de football de 1958, trente joueurs professionnels du championnat de France, dont plusieurs devaient jouer la Coupe du Monde, quittent l’Hexagone en vagues successives pour rejoindre le Front de Libération Nationale (FLN) à Tunis.

Le 15 avril 1958, toute la presse française et internationale titrait sur l’étrange disparition de Rachid Mekhloufi (AS Saint-Étienne), qui avait qualifié l’équipe de France pour la compétition et faisait partie des quarante présélectionnés pour la Suède, de Zitouni, Boubekeur, Bentifour et Bekhloufi (tous les quatre joueurs de l’AS Monaco), de Rouaï (Angers), de Bouchouk et Brahimi (Toulouse FC), et de Kermali de (Olympique lyonnais).

Neuf joueurs algériens qui avaient décidé de rallier Tunis, où était installé le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), laissant derrière eux des carrières prometteuses. Leur épopée méconnue eu pourtant un impact très fort à un moment clé de la guerre d’Algérie : retour du Général De Gaulle aux affaires et début de la bataille d’Alger.

Cet acte marque la naissance du football algérien et l’équipe constituée autour des joueurs deviendra l’ambassadrice de l’Algérie jusqu’à son indépendance en 1962. Entre 1958 et 1962, alors que la France et la FIFA font pression sur les pays qui seraient tentés d’inviter l’équipe du FLN, cette dernière dispute 91 rencontres, remportant 65 victoires.