Lounès Matoub

Cette affiche annonce deux concerts donnés par l’artiste kabyle Lounès Matoub au Zénith en 1995. Né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en Algérie, et communément appelé Matoub Lounès, Lounès Matoub était un chanteur, auteur et compositeur algérien. Fervent militant de la cause identitaire berbère dans son pays d’origine, il a joué un rôle considérable dans la revendication et la popularisation de la culture amazigh.

A l’age de neuf ans, Lounès Matoub fabrique sa première guitare à partir d’un bidon d’huile de moteur vide et compose ses premières chansons durant l’adolescence. Sa prise de conscience identitaire et culturelle débute très tôt, en 1963-1964, lors de la confrontation armée entre les forces gouvernementales et le Front des Forces Socialistes (FFS) d’Hocine Aït-Ahmed, majoritairement implanté en Kabylie. Le jeune artiste s’oppose par la suite à la politique d’arabisation dans le système éducatif au détriment du berbère mise en place en 1968. Tout au long de sa vie, la carrière artistique de Matoub fut indissociable de son combat politique.

C’est en 1978 qu’il débarque en France. Aussitôt arrivé à Paris, il se produit dans les cafés fréquentés par la communauté émigrée kabyle où il fait la rencontre du chanteur Idir. Ce dernier l’aide à enregistrer son premier album, Ay Izem, qui remporte un vif succès. Idir invite Lounès Matoub à chanter en compagnie d’autres chanteurs au palais de la Mutualité lors d’un grand récital intitulé « La nouvelle chanson berbère ». Au cours de ce concert, Lounès Matoub fait la connaissance de deux grands noms de la chanson kabyle : Slimane Azem et Hnifa. En avril 1980, alors que la Kabylie est en pleine effervescence durant ce que l’on appelle dorénavant le « Printemps berbère », Lounès Matoub se produit à l’Olympia, dans une salle comble, et monte alors sur scène habillé d’une tenue militaire, en soutien aux manifestants kabyles.

Le 25 juin 1998, Lounès Matoub est assassiné à quelques kilomètres de son village natal. Les funérailles du chanteur drainent des centaines de milliers de personnes et toute la région connaît plusieurs semaines d’émeutes.