“Pour moi, Française métropolitaine, en 1957, la violence du colonialisme, la violence de guerre, c’est d’abord un « savoir » : c’est dans les livres et les journaux que j’ai compris la violence de la colonisation.”
Hélène Cuénat, La Porte verte, 2001.

Lors de la guerre d’Algérie, la censure frappe du sceau du silence la grande presse et les quelques revues courageuses qui osent montrer sans fard le conflit en cours, mettre en cause le recours généralisé à la torture et dénoncer l’avènement d’un État d’exception en métropole.

Une poignée d’éditeurs, au relais des éditions de Minuit de Jérôme Lindon, forme un front éditorial aussi fragile que résolu contre la « guerre qui ne disait pas son nom » : les éditions de la Cité à Lausanne, les éditions Maspero, la « Petite bibliothèque républicaine » de François Monod au sein des Éditeurs Français Réunis, Pierre-Jean Oswald ou encore les éditions Feltrinelli à Milan. Relayant les efforts des comités d’intellectuels, des groupes d’insoumis et de déserteurs, en lien avec les réseaux de « porteurs de valises », ils font écho aux quelques périodiques voués à faire éclater la vérité sur les horreurs du conflit, Témoignages et Documents, Vérité-Liberté et Vérités Pour, l’organe du réseau Jeanson.

De grandes figures et des textes retentissants se dégagent de ce combat : Henri Alleg et La Question (1958), Frantz Fanon et Les Damnés de la terre (1961), tandis que, dans une France en crise profonde, une alternative politique et morale à la poursuite de la guerre se manifeste dans le combat pour la reconnaissance du droit à l’insoumission.

Repères
Entrée libre, dans la limite des places disponibles
Le 21 mars à 18h30
Auditorium Philippe Dewitte
Cité nationale de l’histoire de l’immigration
293 avenue Daumesnil
75012 Paris

Contact : conferences[a]histoire-immigration.fr
Les soirs de conférence, la médiathèque et la librairie restent ouvertes jusqu’à 18h30