Mémoire fertile et la nouvelle citoyenneté

Le collectif Mémoire fertile est à l'origine des états généraux de l'immigration organisés les 27, 28 et  29 mai 1988 à la Bourse du travail de Saint-Denis. Cette rencontre vise à procéder à un état des lieux de l'immigration en France depuis une vingtaine d'années, des actions menées par les associations dans ce domaine et dégager des pistes d'action pour le futur. Regroupant des associations de l'immigration préexistantes, tel le Conseil des associations d'immigrés en France (CAIF), Mémoire fertile se positionne en faveur de la construction d'une « nouvelle citoyenneté ».

Cette nouvelle citoyenneté est annoncée en slogan présent en sous-titre de l'affiche. Une illustration représente des personnages différents, possédant des têtes en forme d’œil, de nez, d'oreille ou de bouche, se réunissant et formant ainsi un visage humain. C'est une analogie à la nouvelle citoyenneté prônée par Mémoire fertile. Elle cherche en effet à dépasser la conception de « citoyenneté nationalitaire » qui, en liant citoyenneté et nationalité, exclut les étrangers de la vie de la cité.

Cette nouvelle conception de la citoyenneté doit permettre de s'investir à tous les échelons de la société, elle « prend un caractère unitaire et s'applique à toutes les dimensions de la société du local au national », explique en décembre 1988 le sociologue-militant Saïd Bouamama alors président de Mémoire fertile (1). Le collectif qui cherche également à émerger comme une réelle force politique cessera ses activités en 1989.

(1) Saïd Bouâmama, « Au delà du droit de vote, la nouvelle citoyenneté », Hommes et Migrations, n°1118, janvier 1989, p 16

En savoir plus :

- Dominique Baillet, « Militants d'origine maghrébine et intégration », Sud-Nord, 2001/I, n°14

- Virginie Beaujouan, « Ressources des archives privées et histoire de l'immigration, particularité et préservation », Écarts d'identités n°108, 2006