Migrants contre le VIH/ Sida

Cette affiche, réalisée en 1998 par la Fédération des associations de solidarité avec les travailleur-euse-s immigré-e-s (FASTI), le ministère du Travail et des Affaires sociales, Sidaction, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), alerte sur l’augmentation du nombre de malades du Sida parmi les immigrés, alors qu’une baisse du nombre de malades a été constatée dans la population globale cette année-là. L’affiche revendique aussi une égalité dans l’accès aux soins.

Depuis l’émergence du VIH dans les années 1980, il a été compliqué d’étudier l’importance de la diffusion de l’épidémie chez les personnes étrangères ou immigrées en France en raison de l’absence, dans de nombreuses enquêtes, des informations qui permettraient de définir les catégories « étrangers » ou « immigrés » et de la crainte de l’utilisation qui pourrait être faite de ces études.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre, l’Organisation internationale pour les migrations a déclaré en 2012 que les migrants étaient touchés de façon disproportionnée par le VIH et le Sida dans les pays à revenu élevé : « En moyenne, dans l’Union européenne (UE) / Espace économique européen (EEE), plus d’un tiers des infections contractées lors de relations hétérosexuelles touchent des personnes qui ont migré dans la région depuis un pays où l’épidémie de VIH est généralisée ».

Particulièrement touchées par l’épidémie, et objet d’une double stigmatisation, celle d’être migrantes et celle de vivre avec la maladie, les populations étrangères sont aussi davantage démunies face à celle-ci, avec une difficulté globale d’accès à un dépistage précoce et aux prises en charge thérapeutiques.