Migrations et immigration au musée. Le mouvement est international. Car ce nouveau sujet d’exposition recouvre de nouveaux questionnements autour de l’identité collective des sociétés contemporaines. Aux Etats-Unis, au Canada, en Australie ou en France, comment des institutions spécifiques abordent-elles l’histoire de l’immigration ? Comment la rattachent-t-elles au fait national ? Quel imaginaire social les traverse ?

Rencontrant les mémoires des migrants, la muséographie devient moyen de reconnaissance, vecteur de visibilité. Musée réceptacle d’une communauté ethnique. Musée virtuel documentant en ligne le passé d’une ville d’immigrants. Politique d’exposition sur la diversité des mémoires à l’échelle d’un espace régional…

Autant d’expériences mises ici en perspective par des universitaires et des conservateurs français et étrangers. Mais ces thèmes n’émergent pas sans débat ni dissensus. Et ce qui se joue à cette occasion gagne à être évoqué au regard d’autres héritages conflictuels. D’où les analyses sur les limites de la prise en charge patrimoniale de l’esclavage aux Antilles, le point de vue indigène dans la « société de colons », ou les affrontements mémoriels à propos du passé colonial français.

Enfin, c’est hors des murs du musée qu’il faut regarder. Car c’est aussi par l’action culturelle au sens large que passent de tels enjeux. Du travail d’associations de terrain pour promouvoir les mémoires de « l’autre » ou des « Suds » auprès du grand public, jusqu’aux projets en gestation à l ‘échelle européenne autour du patrimoine des migrations. (postface)