Mehdi Lahlou
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Migrations subsahariennes à travers le Maghreb
Contexte, déterminants, implications
L’expansion extrêmement rapide des migrations de "clandestins" ou
de personnes en "situation irrégulière" enregistrée
au départ – et à l’intérieur - de
l’Afrique (toute l’Afrique, y compris l’Afrique du
Nord) depuis le début des années 1990 est, bien sûr, à relier à l’attraction
de plus en plus forte qu’exercent le mode et le niveau de vie
des populations d’Europe occidentale et d’Amérique
du Nord, notamment. A la faveur de la mondialisation, du développement
des nouvelles technologies de l’information et, concomitamment,
de la pénétration des images dans des lieux encore inaccessibles
voici moins de 2 décennies, cette attraction intervient aujourd’hui
très puissamment, particulièrement auprès des
jeunes. Pour ceux-ci, notamment, l’Europe et l’Amérique
du Nord représentent "ce qu’il y a de mieux" en
termes de conditions de vie, de liberté, de garantie des droits,
de loisirs… Elles sont tout ce que leurs pays ne sont pas, tout
ce à quoi ils aspirent particulièrement en termes de "chance
de s’en sortir".
La généralisation des visas dans l’ensemble des
pays riches potentiels d’accueil, en limitant singulièrement
les migrations légales, et les simples déplacements des
personnes, a grandement contribué à l’accroissement
des mouvements effectués dans la clandestinité.
Ces deux facteurs ne sont pas, cependant, les seuls à mettre
en cause pour expliquer les tendances migratoires récentes*.
L’Afrique, en effet, joue depuis quelques années un rôle
de plus en plus répulsif sur une partie grandissante de sa population,
dont l’espoir d’une vie meilleure sur son lieu de naissance
s’amenuise au fur et à mesure que s’accroît
la pauvreté et le "mal de vivre" ambiants.
* Lire à ce propos l’article de Saskia Sassen "Mais
pourquoi émigrent-ils ?". Le Monde diplomatique, novembre
2000.
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