Merouane Touali
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Etudiants Marocains en Belgique:
Mythe ou Réalité du Retour Impossible.
La présence
d’un grand nombre d'étudiants marocains à l’étranger
en général, et en Belgique en particulier ne correspond
certes pas au phénomène de fuite de cerveaux, mais elle
en fait partie. Il y a certainement une grande majorité de diplômés
marocains en Belgique qui vont intégrer le marché du
travail belge. De ce fait, ils ne rentreront pas au Maroc, et constitueront
une perte considérable pour leur patrie qui a déboursé d'énormes
sommes pour leur formation, et qui se voit du coup privée de
leurs compétences. Lors de notre contribution, ce n'est pas
cette catégorie d'étudiants qui fera l’objet de
notre propos, mais c'est l'autre partie, majoritaire, qui nous inquiète.
C'est cette majorité qui semble venir en Belgique pour autre
chose que les études."Semble", car ce n'est qu'une
impression trompeuse. L’étudiant marocain est victime
du système éducatif désastreux au Maroc. Victime
de l'absence de toute lueur d'avenir certain au Maroc. Victime du faux
rêve européen, promoteur d'un avenir meilleur, et d'une
qualité de vie meilleure. Victime du mensonge collectif de ses
compatriotes immigrés, qui lui donnent une image utopique de
l'Europe, terre de toutes les richesses. L’étudiant marocain,
candidat à l’immigration, est victime des autres coupables.
Et ils sont nombreux. A tous ceux déjà cités,
nous invoquons encore quelques-uns : il est souvent induit en erreur
par des inscriptions aléatoires obtenues grâce à un
proche ou suivant le choix d'un proche, ou d'une connaissance. Il ignore
assez souvent le programme et l'organisation des cours, sa seule obsession
est d'obtenir un diplôme à l'étranger, où il
semblerait que les conditions d'études sont plus favorables
et prometteuses en ce qui concerne l'avenir professionnel. L'étudiant
marocain est aussi victime de sa situation financière précaire,
qui est source d'un grand nombre de ses malheurs (ni bourse, ni soutien
financier!).
Une nouvelle vague migratoire a atteint nos étudiants marocains
fraîchement diplômés, ceux qui viennent de décrocher
leur baccalauréat, leur licence ou sont encore au lycée!
Cette nouvelle vague migratoire englobe aussi un nombre considérable
de fonctionnaires, d’universitaires ou d’enseignants ayant
quitté le Maroc pour un complément de formation, mais
qui ont opté pour le non retour. Si au courant des années
soixante, les marocains venaient en Belgique par le biais des contrats
de sociétés minières, ou métallurgiques.
Aujourd’hui, leurs compatriotes, instruits et formés,
viennent sous "contrats étudiants".
Lors de la communication, différents résultats d’enquêtes
menées au Maroc, auprès d’étudiants marocains
de différents niveaux, d’administrations marocaines et
belge concernés, ainsi qu’une partie des résultats
de recherches effectuées en Belgique seront exposés.
Pendant longtemps, les étudiants marocains avaient pour destination
de choix la France. Cependant, cette dernière a choisi de limiter
l’accès à son territoire aux étudiants étrangers,
ce qui s’est concrétisé durant la fin des années
80 (signalons que la politique de la France en matière d’accueil
des étudiants étrangers a été complètement
revue ces cinq dernières années). En outre, l’accès
aux cycles inférieurs des cursus académiques était
trop limité. Les étudiants marocains étaient,
le plus souvent, destinés aux filières spécialisées,
aux troisièmes cycles et aux grandes écoles. Du coup,
d’autres destinations, les pays de l’Est (ex-bloc communiste),
les pays arabes et d’Amérique du Nord ont constitué une
nouvelle destination de choix pour les étudiants marocains.
Nous avions assisté au début des années 90 à une
nouvelle vague d’immigration vers la Belgique, qui se poursuivra
jusqu’à nos jours.
Nous avons concentré nos recherches sur le cas des étudiants
marocains en Belgique pour des raisons à la fois pratiques et méthodologiques.
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