Né en 2002, le réseau Migreurope rassemble des militants et plus de quarante associations dans treize pays au nord et au sud de la Méditerranée. Son objectif est de rassembler des informations pour faire connaître et dénoncer les conséquences des politiques migratoires de l’Union européenne en termes de violation des droits humains, notamment dans les lieux d’enfermement. La carte des camps d’étrangers en Europe et dans les pays méditerranéens de Migreurope, régulièrement actualisée, constitue une référence dans ce domaine.

Depuis 2008, les travaux du réseau Migreurope ont notamment pris la forme d’un Observatoire des frontières qui s’appuie sur plusieurs outils : outre la diffusion d’informations sur les violations des droits humains aux frontières via sa liste électronique et son site Internet, Migreurope a lancé une campagne pour un droit de regard dans les lieux d’enfermement des migrants, et mis en place un groupe de travail sur les conséquences des accords de réadmission conclus entre l’Union européenne et ses voisins. En septembre 2009, Migreurope a publié l’Atlas des migrants en Europe, qui se veut une géographie critique des contrôles frontières.

C’est dans le cadre de l’Observatoire des frontières que Migreurope rend public le présent rapport sur les violations des droits humains aux frontières, Frontières assassinées. Pour cette première édition, Migreurope a choisi de retenir quatre pôles emblématiques des méfaits de la politique menée par l’Union européenne : la frontière gréco-turque, la région du Calaisis, au nord-ouest de la France, celle d’Oujda, à l’est du Maroc, et l’île de Lampedusa à l’extrême-sud de l’Italie. Autant de haltes, plus ou moins longues, trop souvent tragiques, dans l’odyssée des milliers de personnes qui, chaque année, en tentant de rejoindre l’Europe, cherchent par l’exil choisi ou contraint à fuir des persécutions, ou tout simplement à échapper au sort qui leur est échu.