« Et ils sont ainsi devenus tout naturellement mes parents adoptifs. A vrai dire j’étais heureux que des personnes de leur âge remplacent les miens propres que je n’allais plus revoir pendant dix-sept ans. Oui, dix-sept ! Figure-toi que j’ai été banni de mon pays à vingt-deux ans, et pour dix-sept longues, trop longues années ; sans jamais pouvoir revoir mon vieux père, mes frères et mes soeurs, mes neveux et mes nièces laissés en bas âge. Ni mes amis. Ni le coquelicot printanier qui agrémentait nos plaines à perte de vue. Ni la lumière splendide du généreux soleil de mon pays. Ni plus aucun chemin que mes petits pieds d’enfant avaient foulé il y a si longtemps… »

Le narrateur, jeune étudiant marocain, débarque à Besançon au début des années 70. Il est aussitôt pris dans le tourbillon d’une jeunesse assoiffée de liberté et en particulier de liberté sexuelle. La « vieille ville espagnole » ne sortira des chamboulements de Mai 68 que pour plonger dans le fameux conflit de Lip.
A partir de simples anecdotes de la vie sociale de l’époque, l’auteur nous donne à comprendre le secret d’une « intégration » réussie. Au delà de sa passion pour sa ville d’adoption, il nous dévoile « sa » France généreuse et solidaire…

L’auteur
Mustapha Kharmoudi est né au Maroc en 1950. Il arrive à Besançon en 1971. Il a publié de la poésie, des nouvelles et des romans, entre autres « Une petite vie marocaine, » « D’exil et de peine » et « Vagabondage ».