« Open See » fait partie du vaste projet de Jim Goldberg , The New Europeans, documentant l’exode de réfugiés, d’immigrants et de populations victimes de trafic humain venus en Europe pour y refaire leur vie.

En 2003, il est missionné par Magnum pour démarrer le projet Periplus à l’occasion des Jeux Olympiques d’Athènes. Jim Goldberg a choisi de photographier en Grèce – berceau de l’Europe- les populations d’immigrés, leur détresse et leur errance. Le nombre d’immigrés en Grèce est estimé entre 1,5 et 2 millions d’individus, dont la plupart vivent dans la clandestinité, sans papiers, sans droits. (En 2007, la Grèce n’avait accepté que 140 des 20692 demandes d’asile déposées.) Pour échapper aux situations de crise dans leur pays d’origine et enfin connaître une vie meilleure, ils sont prêts à risquer leurs vies, entassés sur des embarcations fragiles, menacés par les passeurs ou les gardes frontières, souvent privés d’eau et de nourriture.

Depuis 2003, Jim Goldberg a réalisé photographies, films et polaroids annotés par les acteurs de ces reportages pour commenter leur parcours; il a aussi rassemblé manuscrits, notes, objets éphémères et recueilli des histoires. Ces individus sont les victimes des crises, en Europe et dans le monde : réfugiés économiques de régions en proie à la pauvreté, travailleurs forcés, esclaves sexuels kidnappés ou dupés par le mirage économique. Beaucoup d’entre eux ont quitté des communautés dévastées par le SIDA ou des régimes totalitaires, dans l’espoir de plus de sécurité et de prospérité en Europe.

En 2007, le Prix HCB est décerné à Jim Goldberg. Cette bourse lui permet de poursuivre son projet en s\’intéressant aux pays d’origine des migrants, à leurs conditions de vie au moment du départ et aux raisons qui les poussent à fuir : la chute de l’Union Soviétique et l’esclavage sexuel en Ukraine, les violences intercommunautaires en Inde, le désordre politique au Bangladesh, la guerre civile au Liberia, les conflits en République Démocratique du Congo, la pauvreté au Sénégal et en Mauritanie. Plus généralement, « Open See » traite des problématiques liées à la mondialisation et soulève les questions du racisme, de l’intégration et de la persécution culturelle. Malgré les réalités douloureuses auxquelles ces individus doivent faire face, leurs histoires sont empreintes d’espoir et d’héroïsme.

Le catalogue, publié par Steidl regroupe, dans un coffret, quatre volumes présentant chacun, un des pays photographiés par Jim Goldberg : la Grèce, l’Inde, l’Ukraine et les pays d’Afrique.

L’exposition présente sur deux étages, les histoires de ces migrants à travers des portraits, polaroids, vidéos et notes inscrites sur les photos pour témoigner de leur vie et de leur voyage vers un avenir meilleur. « My work documents the complex ways that people struggle to affirm their dignity and integrity when social circumstances, time or situation work against them . » (« Mon travail parle de la façon dont les gens se battent pour affirmer leur dignité et leur intégrité lorsque les conditions sociales, le temps ou la situation travaillent contre eux. » ) Jim Goldberg collabore activement avec les sujets de ces photographies en leur demandant de laisser un message, un dessin, un souvenir de leur vie passée ou future. La scénographie, conçue par l’artiste présentera une centaine de photographies, alternant polaroids, grand format et collages. Ces images sont un témoignage de la volonté humaine, de l’énergie qui permet de concrétiser les rêves de liberté, quelque soit la nationalité, la religion ou la classe sociale.

Jim Goldberg reçoit en 2007 le prix HCB pour son projet The New Europeans , un essai photographique sur les flux migratoires vers l’Europe. Sa candidature était présentée par la Corcoran Gallery of Art, Washington .

Le photographe :
Jim Goldberg , né en 1953 à New Haven (USA), est un photographe concerné qui s\’est toujours attaché à repousser les limites du documentaire, en explorant de nouvelles formes narratives. Diplômé du San Francisco Art Institute, Il enseigne au California College of the Arts. Membre de Magnum depuis 2006, il est exposé depuis plus de 30 ans dans des Institutions de renom et fait partie de prestigieuses collections. Dans ses projets qui ont fait l’objet de publications ( Rich and Poor , Random House, 1985 et Raised by Wolves , Scalo, 1997), il explore de nouvelles formes narratives et les combinaisons possibles entre texte et image. Son travail, proche du documentaire, entend donner une voix aux populations dont le sort est passé sous silence. “ I have the great privilege of being both witness and storyteller. Intimacy, trust and intuition guide my work. »  » ( J\’ai le privilège d’être à la fois témoin et narrateur. L’intimité, la confiance et l’intuition guident mon travail. ) Il est représenté par la galerie Pace /MacGill à New York et Stephen Wirtz à San Francisco. Jim Goldberg vit et travaille à San Francisco.

Repères :
Jim GOLDBERG « Open See »
5 mai – 26 juillet 2009
Lauréat du Prix HCB 2007 – avec le soutien du Groupe Wendel

Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Lebouis
75014 PARIS

+33 (0) 1 56 80 27 00
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