« Paysages humains, les Africains de Montreuil »

Cette affiche, sur laquelle on peut voir un Africain en tenue traditionnelle, a été réalisée à l’occasion de l’exposition de photographies « Paysages humains, les Africains de Montreuil » organisée en 1990 par la mairie de Montreuil, l’APA (Agence photographique Afrique) et AIDDA (Association interculturelle de production, de diffusion et de documentation audiovisuelles). Les photographies présentées dans cette exposition ont été prises par André Jouanjan, président du Club Photo Montreuil, et Alain Paris. Elles ont été exposées à l’Espace UVA 18, salle polyvalente du 18ème arrondissement de Paris.

Montreuil accueille sur son territoire plusieurs dizaines de milliers d’immigrés maliens (entre 6000 et 10 000 en 2005, selon la mairie). Cette situation s’explique, en partie, par la relation amicale qu’entretenait Marcel Dufriche, maire communiste de la ville de 1971 à 1984, et Modibo Keïta, « père de la nation malienne » et premier président de la République du Mali. Le foyer Bara, le premier foyer de travailleurs migrants (FTM) de Montreuil, représentatif des FTM d’Île-de-France, accueille aujourd’hui principalement des immigrés maliens, sénégalais et mauritaniens.

En 2009, l’INSEE recense 570 000 immigrés provenant d’Afrique subsaharienne, soit 12% des immigrés en France. Cette immigration s’inscrit dans quatre grandes phases migratoires : la filière scolaire à la fin de la Première Guerre mondiale, composée principalement d’étudiants des pays de l’Afrique-Occidentale française (AOF) ; la filière militaire comprenant les soldats et les travailleurs coloniaux recrutés pendant les deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945 ; les migrations de travail pendant les Trente Glorieuses ; et celles des épouses et des familles venues en France à partir de 1974 dans le cadre de la politique du regroupement familial.

Enfin, depuis les années 1990, on constate une diversification du type de migrants : d’une immigration de travail composée majoritairement d’hommes seuls issus de milieux ruraux (zone du Sahel), les migrants africains sont aujourd’hui plutôt de jeunes adultes, hommes et femmes, qualifiés, issus de pays en conflits ou dans des situations politiques difficiles. Ainsi, le nombre d’immigrés ivoiriens, malgaches et congolais (ex-Zaïrois) a été multiplié par trois entre 1980 et 1999.

En savoir +
- Timera Mahamet, « L‘immigration africaine en France : regards des autres et repli sur soi », in Politique Africaine, n°67, octobre 1997, pp. 41-47
- Hommes & migrations : « Africains, citoyens d’ici et de là-bas », n° 1239, septembre-octobre 2002
- Baron Jacques, « Immigrés africains en France et au Royaume-Uni », Hommes & migrations : « Les migrations subsahariennes », n°1286, juillet-octobre 2010, pp.110-123