Cette affiche en noir et blanc réalisée à l'initiative de plusieurs associations de gens du voyage et de la Ligue des droits de l'homme demande l'application de la loi dite Besson réglementant l’accueil des populations nomades par les communes.

L'illustration centrale présente deux caravanes entourées de scènes de la vie quotidienne (des enfants jouant, du linge à sécher sur un fil, etc.) et situées à proximité d'une ville. Cette image s'accompagne du constat fait sur la situation des emplacements d'accueil pour les nomades dans la communauté urbaine de Lille : pour 800 familles, seules 140 emplacements sont prévus.

La Ligue des droits de l'homme, l'ASNITE (Association sociale nationale internationale tzigane évangéliste), les associations locales nordistes de gens du voyage Romano Pral et Lannso ainsi qu'un collectif présentent ainsi, au nom du respect des droits de l'homme, leurs revendications sur deux bandes noires encadrant l'illustration centrale : « Pour le droit au voyage, pour le droit au stationnement » et « Application de la loi Besson ».

La loi du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement dite loi Besson I, du nom du ministre délégué chargé du logement Louis Besson, prévoit en effet dans son article 28 :  

« Un schéma départemental prévoit les conditions d'accueil spécifiques des gens du voyage, en ce qui concerne le passage et le séjour, en y incluant les conditions de scolarisation des enfants et celles d'exercice d'activités économiques. Toute commune de plus de 5000 habitants prévoit les conditions de passage et de séjour des gens du voyage sur son territoire, par la réservation de terrains aménagés à cet effet. »

En 2000, alors que seulement un quart des communes concernées respectaient cette obligation la loi dite Besson II relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage réaffirmait et renforçait cette obligation. En contrepartie, les communes se conformant à loi peuvent interdire le stationnement sur le reste de leur territoire. Cependant, comme le précise un rapport de 2012 de la Cour des comptes, la situation n'évolue que difficilement : « Au 31 décembre 2010, seules 52 % des places prévues en aires d’accueil (21 540 places réparties entre 919 aires d’accueil) et 29,4 % des aires de grand passage (103 aires) avaient été réalisées. »

En savoir plus :
- Cour des Comptes, L'accueil et l'accompagnement des gens du voyage, octobre 2012;
- Sénat, Étude de législation comparée n° 145 - avril 2005 - Le stationnement des gens du voyage;
- Loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage.