Présentée au Réfectoire des Jacobins de Toulouse du 11 octobre au 15 décembre dernier, l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France » a attiré près de 20 000 visiteurs et a permis l’organisation des différents temps forts dans la ville rose.

Revenant sur un siècle d’échanges entre l’Afrique du Nord et la métropole, l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France » a fait découvrir à près de 20 000 visiteurs, à travers des centaines de documents multimédias, les parcours de femmes et d’hommes qui ont pleinement participé à la vie culturelle, sociale et politique de la France. Cette exposition, accueillie par la ville de Toulouse, en partenariat avec Tactikollectif a donné lieu à l’organisation de différents événements dans les bibliothèques, les centres culturels et d’animation de la ville et a pris une résonance particulière avec la 10e édition du festival Origines contrôlées ainsi que le forum Histoire et mémoire des immigrations en région Midi-Pyrénées.

Génériques, avec le soutien du conseil régional de Midi-Pyrénées, a proposé avec ses partenaires quatre temps forts durant la durée de l’exposition :

– le 21 novembre : Louisa Zanoun, historienne, responsable du pôle scientifique et culturel de Génériques a présenté Migrance 41, consacré à la Marche pour l’égalité et contre le racisme à la librairie Terra Nova de Toulouse, dans le cadre du trentième anniversaire de la Marche de 1983. Un riche débat s’en est suivi autour du contexte social et politique de ce début des années 1980, de l’impact de la Marche dans les luttes sociales autour de l’immigration, de la notion de « seconde génération »….

– le 22 novembre : une soixantaine de participants, dont de nombreux étudiants et chercheurs, se sont réunis lors d’une journée d’études consacrée aux immigrations maghrébines en Midi-Pyrénées co-organisée par le laboratoire FRAMESPA (Université de Toulouse II-Le Mirail). Cette journée avait pour objectif de proposer un état des lieux transdisciplinaire de la question. Le dialogue de chercheurs d’horizons différents (histoire, sociologie, anthropologie, psychosociologie…) a ainsi contribué à cartographier les champs, les thèmes, et les axes des recherches sur les immigrations maghrébines, que ces recherches soient déjà réalisées, en cours ou encore à défricher : d’une migration au regard des sciences sociales à une histoire des immigrations du Maghreb en chantier. La table ronde finale a insisté sur les sources, le patrimoine et les enjeux de mémoire autour des immigrations maghrébines. Les interventions ont toutes été suivies d’échanges avec l’auditoire. Les actes de cette journée seront publiés cette année dans Les Cahiers de FRAMESPA.

– le 4 décembre : La bibliothèque d’étude et du patrimoine a accueilli une conférence sur la chanson kabyle de l’exil. Animée par Farouk Belkeddar, cette rencontre a permis d’évoquer avec Ouahmi Ould-Braham (linguiste, université Paris 8) et Kamal Hamadi, célèbre auteur compositeur et interprète, cette pratique artistique multiforme, réel moyen d’expression dans le cadre d’un processus de construction identitaire. Cette rencontre a été ponctuée par l’interprétation de classiques de la chanson kabyle par Rachid Benallaoua, du groupe Origines contrôlées.

– le 11 décembre : en partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse, Génériques a organisé une soirée de projection-débat sur le thème des harkis. Le court-métrage La harka et le documentaire Le choix de mon père ont précédé un débat riche et animé auquel ont participé Abderahmen Moumen, chargé de mission à Génériques et historien spécialiste de la question ainsi que Rabah Zanoun, auteur du documentaire, devant une quarantaine de personnes. Cette soirée a ainsi permis de revenir sur les enjeux d’histoire et de mémoire autour de la colonisation, de la guerre d’Algérie, de l’immigration algérienne et des harkis. Les enjeux de mémoire en France et en Algérie et entre ces deux pays ont aussi été évoqués dans un débat où acteurs, témoins et nouvelles générations ont croisé leurs regards.