Prévention des mutilations sexuelles féminines

Cette affiche a été réalisée à l'occasion d'une campagne de prévention et de sensibilisation aux mutilations sexuelles féminines, menée au milieu des années 1990 par la Délégation régionale aux droits des femmes de la Préfecture d’Île-de-France, avec le concours d'associations luttant pour l'abolition des mutilations sexuelles et pour la protection maternelle et infantile. Titrée « Nous protégeons nos petites filles ! », elle figure une famille africaine entourée de slogans tels que « Apprenez-leur à avoir confiance en elles et dans la vie » et « Ne leur imposez pas cette blessure ».

Les estimations de l'Ined en 2004 portaient à 53 000 le nombre de femmes majeures excisées en France, la grande majorité étant originaire d'un pays où est pratiquée une forme de mutilation sexuelle féminine coutumière, à savoir environ trente pays d'Afrique subsaharienne, sept pays d'Asie (Yémen, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Irak, Inde, Malaisie, Indonésie) et quelques communautés latino-américaines.

En France, la diversification des pays d'origine des immigrés et l'augmentation du nombre de femmes en provenance d'Afrique subsaharienne ont provoqué une confrontation croissante de la société française, et de certains corps de métier en particulier (médecins, enseignants…), à la problématique des mutilations sexuelles. Les études, recherches et colloques sur ce thème se sont multipliés, de même que les poursuites judiciaires se sont faites plus fréquentes après le premier procès lié à une excision en France en 1979.

Des associations telles GAMS et CAMS, fondées en 1982 et participant à la campagne présentée sur l'affiche, luttent encore actuellement pour l'abolition des mutilations sexuelles et des pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants. Elles décident dès leurs débuts que les femmes africaines et françaises doivent mener ensemble des actions de soutien, de plaidoyer, d'information et de sensibilisation du grand public et des professionnels de santé ou de l'éducation. Les mutilations génitales féminines sont la cause de douleurs sévères mais aussi de traumatismes psychologiques et d'infections multiples pouvant provoquer la stérilité, des maladies ou même la mort.

Sur l'affiche, les deux slogans « En France, c'est interdit. Code Pénal, art. 312.3 » et « En France, cette mutilation est passible de prison » font référence à l'encadrement juridique de ces pratiques. Les lois de 2006 et 2013 ont, entre autres, renforcé la répression ainsi que la protection des victimes. Les auteurs et complices de mutilations et d'actes entraînant une mutilation sexuelle, qu'ils soient commis en France ou à l’étranger (par exemple lors de vacances familiales), sur des personnes de nationalité française ou étrangère résidant habituellement en France encourent 10 à 15 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

En savoir plus

- Lutte contre les violences : les mutilations sexuelles féminines, Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes
- Mutilations génitales féminines / excision: aperçu statistique et étude de la dynamique des changements, rapport de l'UNICEF
- Mesurer, comprendre et lutter contre les mutilations sexuelles féminines, Lettre de la Mission Interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains
- La Fédération nationale GAMS et la Commission pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles (CAMS)