Cette deuxième édition siwa se déroulera aux ateliers Berthier, dans le cadre des rencontres autour des modes de créations et de représentations dans le monde arabe organisées par le théâtre de l’Odéon.

Samedi 7 juin
De 14h30 à 17h
Les Arabes et l’art du récit : une étrange familiarité
Avec Farouk Mardam-Bey et les éditions Sindbad/Actes Sud, avec les écrivains Hoda Barakat (Liban), Alaa El Aswany (Égypte), Abdelfattah Kilito (Maroc), Samuel Shimon (Irak).
Les événements qui se sont succédés ces dernières années, plaçant presque toujours le monde arabe et l’islam à l’avant-scène de la politique internationale, de même que les débats de société en France à propos de l’immigration ou du statut de l’islam dans la République, assignent à Sindbad des tâches inédites : mettre en évidence ce qui a été appelé «la nouvelle conscience islamique», ouverte à la laïcité et à la modernité ; traduire la jeune littérature arabe, notamment féminine, qui revendique haut et fort toutes les libertés individuelles et collectives ; découvrir, partout dans le monde, des recherches qui renouvellent notre approche de l’islam et de sa civilisation. C’est dire qu’au moment où l’on parle de guerre entre cultures, de croisades et de contre-croisades, les éditions Sindbad se proposent toujours de résister à l’air du temps.

De 17h30 à 19h
Lecture de Tais-toi et creuse
Texte inédit de Hala Moughanie (Liban), dirigée par Michèle Laurence. Avec Michel Cochet, Pierre-Yves Desmonceaux, Pierre Giraud, Clothilde Moynot, Nicolas Senty.
Écritures vagabondes regroupe des écrivains dramaturges et metteurs en scène pour les confronter à des régions sensibles du monde et à des cultures minoritaires ou menacées.
Elle met en place, chaque année, des parcours d’écritures et des chantiers d’écriture en Afrique subsaharienne, au Maghreb, au Moyen-Orient et prochainement au Canada. Ces chantiers sont conçus pour permettre à des auteurs, venus d’horizons différents, de travailler ensemble autour d’un thème commun et de participer à des ateliers d’écriture dramatique destinés à la formation de jeunes auteurs des pays d’accueil. (Le texte a reçu une bourse d’écriture du Centre national du théâtre.)

A partir de 20h
Récital de poésie contemporaine
Loin du premier ciel, de Saadi Youssef. Lecture en arabe par l’auteur et en français par Jean-Damien Barbin.
L’engagement politique radical de Saadi Youssef, poète Irakien né en 1934, lui a valu de passer le plus clair de sa vie en exil, «Loin du premier ciel». Grâce à l’affinement perpétuel d’un art dont la maîtrise n’altère en rien la spontanéité de l’émotion, il est l’un des rares à tenir le pari de «marcher avec les autres d’un pas solitaire».

Performance sonore
Al Harf / La lettre (Maroc), avec Najib Cherradi, musicien, compositeur, et Joël Ryan, électro-acousticien.
Une démarche artistique qui se veut exploratrice de l’imaginaire à travers le matériau sonore, démarche qui veut exorciser le sens et l’essence même de la lettre, divulguer ses émotions, questionner sa présence, transgresser ce silence qui m’interpelle, déplacer son usage pour déjouer l’effet de l’usure, déplier ses plis pour faire surgir le non-dit, déterritorialiser son espace habituel, trahir par fidélité sa résonnance, sa musique interne. Démarche qui s’appuie sur la voix, instrument acoustique, et sur un matériau contemporain et moderne, l’instrument électro-acoustique, instrument de synthèse. Une démarche permettant la déconstruction de la lettre à plusieurs niveaux.

Dimanche 8 juin
De 14h30 à 16h30
Qu’en est-il de la représentation arabe ?
Avec Haytham Abderrazak, metteur en scène irakien, Arafat Sadallah, chercheur philosophe, collaborateur Siwa, Nadia Tazi, philosophe, Omar Abi Azar, metteur en scène, comédien.
Débat animé par Catherine David, conservatrice des Musées nationaux.
Y a-t-il une représentation arabe ? Que veut dire «représenter» en arabe ? Existe-t-il des modes de représentations singuliers dans cette aire géographique et culturelle, différents de ceux qui existent dans ce qu’on appelle l’«Occident» ? À ces questions, seule une lecture rigoureuse et profonde de l’héritage artistique, mais aussi linguistique et culturel arabe, peut frayer des chemins vers une pensée critique et non réductrice autour de ce sujet.

De 17h à 18h
Présentation de l’atelier Je pense à toi (France/Tunisie)
Avec Didier Ruiz (France), metteur en scène, Mouna Karray (Tunisie), photographe, Sabah El Jabli, coordination, Maurice Fouilhé, éclairagiste.
« Je pense à toi » est l’épisode XVIII du projet «Dale recuerdos». Les femmes maghrébines de plus de 60 ans constituent l’une des premières vagues d’immigration rarement sollicitées. Il s’agit de leur donner la parole pour qu’elles se racontent, qu’elles retracent cette «double absence» ici et là-bas à travers un geste, des mots, un corps. Quelles traces nous laissent-elles ?

Deux expositions
(Toute la journée, du samedi 7 et du dimanche 8 juin)

« Pères », de Taysir Batniji (Palestine), photographe, plasticien.
«La force de ces images me semble résider dans ce qu’elles « retiennent » autant que dans ce qu’elles révèlent. Ou plus précisément dans ce qu’elles revendiquent modestement d’un inévitable écart des lectures et des interprétations divergentes, ici et ailleurs à Gaza, et en Palestine et ailleurs.»

« Je pense à toi », de Mouna Karray (Tunisie), photographe.
Il s’agit moins de photographier des femmes que de photographier la trace à travers elles. Mais quelle trace portent-elles ?… Celle d’une mémoire singulière ou celle d’une mémoire collective ?

Repères :
Printemps arabe à l’Odéon
Théâtre de l’Odéon-Ateliers Berthier
M° / RER C : Porte-de-Clichy
Entrée libre

+33 (0) 1 44 85 40 44
Contact & Réservation
Site web
Télécharger le programme