Les Presses de l’université d’Ottawa (Canada) publient les résultats d’une étude-enquête, menée sous la direction d’Anissa Talahite-Moodley, sur les « Problématiques identitaires et discours de l’exil dans les littératures francophones ».

Le thème de l’exil a toujours été un thème dominant dans les littératures francophones. Aujourd’hui, et surtout dans les productions littéraires des immigrations, les particularités identitaires relatives à l’exil sont de plus en plus définies à partir de la confrontation à un environnement nouveau. L’identité n’est plus uniquement un héritage à conserver, mais une situation à découvrir et à assumer qui s’exprime souvent en termes de différence, et parfois de refus ou de révolte.

Une groupe international d’universitaires s’est penché sur des œuvres d’auteurs francophones d’origines diverses – africaine, antillaise, canadienne, chinoise, maghrébine, libanaise, russe pour n’en citer qu’une partie – pour y interpréter le « discours de l’exil ». Ce discours est analysé sous plusieurs aspects : le choix (ou le non-choix) de la langue française, la « surconscience linguistique » de l’écrivain francophone, son désir de travailler la langue et de lui faire dire l’identité autrement, son désir de sortir de la surdétermination du passé (souvent colonial), le double-exil des écrivaines, et en dernier lieu l’expression de l’exil comme crise

De quelle manière s’est transformée l’idée d’appartenance à une culture, une nation ou une ethnie particulière ? Peut-on encore parler d’ « exil » dans le contexte de cultures transnationales et d’identités plurielles ? Y a-t-il une écriture de l’exil ? Cet ouvrage cherche des réponses à ces questions à travers le regard nouveau que portent les écrivains francophones contemporains sur les problématiques identitaires. Ce qui ressort est une diversité immense mais une constante : l’exil est une mise en perspective qui ouvre la possibilité de constructions identitaires nouvelles et fait de ces littératures francophones un lieu de créations fertile en questionnements.