Comment les souvenirs individuels s’organisent-ils pour constituer une mémoire collective ? Pourquoi la mémoire des migrations, souvent, s’efface-t-elle ? En menant l’enquête, sociologues et anthropologues ne trouvent pas une mais des représentations variées du passé et de ce qui serait bon d’en retenir à l’avenir. La mémoire est dynamique, elle procède de mobilisations collectives et d’engagements « au nom de la mémoire ». Mémoires du quartier, projet social ou pédagogique, manifestation culturelle ou religieuse, création artistique, commémoration publique, musée associatif, les contextes d’émergence d’une mémoire des migrations sont très divers en région Centre, reflet d’un territoire vaste et hétérogène. Comment les porteurs de ces constructions mémorielles, ceux qui réalisent le travail de « sélection » des souvenirs, parviennent à susciter l’émotion autour d’eux ? Nous avons aussi exploré le tissu social et politique : selon les situations, les « traces » recueillies pour être valorisées n’auront pas toutes le même destin. Certaines mémoires vont rester confinées dans un cercle restreint, tandis que d’autres vont s’avérer « dicibles » dans l’espace public, parfois jusqu’à « faire patrimoine ».

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Sous la direction d’Hélène Bertheleu, Au nom de la mémoire Le patrimoine des migrations en région Centre, Presses universitaires François Rabelais, collection Perspectives Villes et Territoires, 2014