En s’appuyant sur la consultation d’archives inédites de la mission qu’effectua le comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans l’Algérie indépendante entre février et septembre 1963 et sur les témoignages des rescapés de cette tragédie, Fatima Besnaci-Lancou révèle les conditions dans lesquelles de nombreux harkis furent emprisonnés, torturés, massacrés au mépris des accords d’Évian et des conventions internationales. Affectés sans aucune protection au déminage des lignes de défense Challe à la frontière marocaine et Morice à la frontière tunisienne, des dizaines de milliers d’entre eux périrent en effectuant ces travaux forcés. La France, bien qu’informée de ces faits, demeura indifférente. Seuls deux intellectuels, Maurice Allais et Pierre Vidal-Naquet, et un journaliste, Jean Lacouture, exprimèrent leur indignation. Le gouvernement français consentit à accueillir des harkis libérés ou évadés entre 1963 et 1969. Confinés dans des camps dans des conditions inhumaines, certains devront se battre pour obtenir la nationalité française qu’ils avaient perdue.

Ce livre apporte un élément essentiel à la connaissance des suites immédiates de la guerre d’Algérie. Il montre la reproduction de la violence sur les lieux mêmes où elle fut infligée par la puissance coloniale. Ballottés par l’histoire, les harkis prisonniers du gouvernement algérien furent doublement vaincus : proscrits dans leur pays, indésirables en France, ils furent victimes d’un crime d’États perpétré par l’Algérie et la France.


Des harkis envoyés à la mort – Le sort des prisonniers de l’Algérie indépendante (1962-1969)
Par Fatima BESNACI-LANCOU
Date de parution : 20 Mars 2014

224 pages
ISBN 978-2-7082-4245-6
Prix : 22,00 €