Durant les années 1970, une certaine fierté participait de la condition ouvrière, qui s’incarnait dans des lieux spécifiques, dans une tradition et des organisations, dans des luttes. La crise économique et sociale, le chômage, sont passés par là, et trente ans plus tard, alors que les ouvriers sont encore plus de six millions, ils sont devenus invisibles dans le discours médiatique et dominant. Devenus opérateurs, collaborateurs, cet effacement du vocabulaire est aussi un effacement des mémoires. Renvoyés au passé, comme s’ils n’existaient plus, les ouvriers ne sont pas pour autant inscrits dans les grands récits mémoriels ou dotés de lieux de mémoire.

Pourtant, il y aurait tant de choses à raconter pour peu qu’on se donne la peine d’écouter ce que font, à des échelles diverses, des associations, des militants, des historiens et des artistes. Quelles pourraient être les voies pour transmettre une mémoire vivante, diverse, non mythifiée du monde ouvrier, et plus largement des milieux populaires ? Quels sont les moyens les plus appropriés pour le faire ? Quels lieux pourraient la symboliser ? Comment éviter de figer une telle mémoire, pour ne pas en faire un récit homogène et artificiel ?

A l’occasion de cette journée de débats, sera projeté « Mémoires du travail à Villiers-le-Bel » de Paula Ortiz et André Martin. Ce film a été réalisé dans le cadre d’un atelier qui a rassemblé hors-temps scolaire et en temps scolaire des jeunes collégiens. Il s\’agit d’une invitation à réfléchir à son travail futur, à partir d’une exploration généalogique des métiers pratiqués dans le passé sur le territoire de la ville.

Le site officiel du Réseau Mémoires-Histoires en Ile-de-France

Le programme complet du Printemps de la Mémoire

Repères :
« Mémoires ouvrières, mémoires des luttes »
Le 27 mai au matin
Entrée libre
El Hogar – FACEEF
10, rue Cristino Garcia
93210 Saint-Denis – La Plaine
RER B : La Plaine – Stade de France
Contact : 06 11 29 59 18 – ouamo6@gmail.com