Dans son ouvrage La frontière invisible, violence de l’immigration, Alice Cherki porte sa réflexion sur la question de l’origine, les impasses de l’exil, la place de l’étranger, le déni de l’altérité et surtout, la pratique de la psychanalyse avec les “enfants de l’actuel”.

Alice Cherki est psychiatre, psychanalyste. Née à Alger, elle vit à Paris depuis 1965. Co-auteur de deux ouvrages, Retour à Lacan (Fayard, 1981) et Les Juifs d’Algérie (Éditions du Scribe, 1987), elle publie Frantz Fanon (Le Seuil, 2000), témoignage sur l’homme et l’œuvre, traduit en plusieurs langues.

La frontière invisible, violence de l’immigration, évoque les frontières hérissées comme des murs, qui empêchent tout passage, aussi bien sur le plan géographique que psychique. Ces frontières se renfermant constamment et les impasses subjectives qui en découlent conduisant à des dérives.

Prenant comme point de départ privilégié l’Algérie, sa colonisation, la guerre avec la France, l’émigration – immigration, Alice Cherki s’interroge sur l’après-coup traumatique des massacres et génocides qui ont marqué le XXè siècle. Comment vivent les descendants des parents anciennement colonisés et pris dans les violences coloniales et les guerres, appelés ici les “enfants de l’actuel”, quand manquent les représentations historiques et familiales ?

L’exclusion, la destruction de l’autre sont au cœur de son travail. Ainsi en est-il de l’exclusion du féminin par horreur de l’autre qu’il faut nier pour fabriquer du même et s’en conforter. Aussi l’exclusion de l’autre différent, d’une histoire différente. C’est à partir d’un mouvement incessant entre un “trop de présence et un “désir d’absence”, intriqué dans l’Histoire et l’histoire singulière, que se tisse le fil de ce recueil.

Nourredine Saadi, évoque pour sa part, l’émigration. A travers les yeux d’un vieillard du Nord, il raconte le départ des hommes pour un ailleurs. Les yeux délavés par les soleil et les pluies, éternellement installé dans son vieux fauteuil de rotin, cet homme observe au loin le canal par lequel les hommes de son pays s\’en vont. Est-ce pour mieux se souvenir ou mieux l’inventer ?

Nourredine Saadi vit et travaille à Paris où il enseigne le droit et dit pratiquer, au demeurant, un « exil heureux ». Il est l’auteur de deux romans aux éditions Albin Michel, Dieu le fit (1996) et La maison de lumière (2000). Il a également publié deux monographies d’artistes, l’une consacrée à Rachid Koraïchi \’Acte Sud, 1998), l’autre à Denis Martinez (Barzhakh et le Bec en l’air, 2003).

Repères :
Rencontres littéraires
Mercredi 4 juin 2008 à 19h00
Association de Culture Berbère (ACB)
37bis rue des Maronites
75020 PARIS

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