La revue Diversité consacre un hors-série au thème des Femmes dans l’immigration. En 1973, Martine Charlot, fondatrice de la revue, écrivait à propos des femmes qui arrivaient en France à l’occasion du regroupement familial : « Deux problèmes sont particulièrement préoccupants : la mauvaise santé des travailleurs et de leur famille en raison du mauvais équilibre alimentaire et des grossesses répétées des femmes; le conflit entre l’éducation traditionnelle des enfants et les moeurs nouvelles des jeunes vivant en France. » Les choses ont beaucoup évolué depuis. Le terme de « femmes de l’immigration » recouvre d’ailleurs des réalités très variées et on observe notamment des différences importantes entre les générations mais aussi entre les pays d’origine, l’appartenance des femmes au monde rural ou urbain, etc.

Les histoires des femmes en général et celle des migrantes, souvent françaises, se croisent, s’entremêlent sans pour autant se confondre. Longtemps restées invisibles, elles ont cependant fait l’objet d’études dont la revue donne un aperçu par un retour sur les travaux de chercheurs des années antérieures. Ces travaux sont actualisés par des recherches récentes qui posent les principales questions liées aux spécificités des situations vécues par des femmes dans des contextes migratoires qui varient selon les raisons de la migration et en fonction des politiques publiques du pays d’accueil.

A cette occasion, Naïma Yahi, chargée de recherche au sein de l’association Génériques, revient dans un entretien sur la place des femmes dans l’histoire de la culture des Maghrébins en France et sur l’image stéréotypée véhiculée dans l’imaginaire collectif : « Les femmes n’existent que par la présence de leurs maris ou de leurs concubins. Pour les périodes plus proches de nous, l’image de cette femme maghrébine est celle d’une femme qui ne prend pas la parole et à qui on ne la donne pas.«