Pour la génération de la guerre d’Algérie, le nom de Robert Lacoste, ministre résidant en Algérie, évoque les pages douloureuses de cette guerre sans nom, le rappel du contingent, la torture. Cette biographie revient bien sûr sur ces années sombres, mais nous fait découvrir aussi son engagement syndical, son rôle dans la Résistance, ses fonctions ministérielles à la Libération…
Robert Lacoste a été pendant plus de 30 ans président du conseil général de la Dordogne, maire de la commune d’Azérat, plusieurs fois député puis sénateur de ce département de 1945 à 1983.
Issu d’un milieu populaire, employé à la Caisse des dépôts, c’est comme syndicaliste qu’il se fait connaître. Entre 1940 et 1944, son rôle de premier plan dans la Résistance syndicale, ses responsabilités au Conseil général d’études, sa proximité avec Jean Moulin, le propulsent sur le devant de la scène. Le général de Gaulle en fait son ministre de la Production industrielle dans son premier gouvernement en septembre 1944. Lacoste entre alors en politique, au Parti socialiste, occupant de nombreuses responsabilités ministérielles. Il devient en 1956, après les événements de la journée du 6 février, le « ministre de l’Algérie ».
Sa vie bascule-t-elle alors ? La mission qu’il accepte à Alger marque-t-elle une rupture, ou est-elle dans le droit fil de ses engagements passés ?
Du syndicaliste réformiste au représentant des socialistes favorables à l’Algérie française, en passant par le résistant de la première heure… cette biographie nous fait découvrir un homme complexe, aux prises avec les grandes questions du temps, la guerre, la paix, l’Europe, l’émancipation des peuples colonisés.

Les auteurs :
Joëlle Dusseau est inspectrice générale d’histoire géographie et a été sénatrice de la Gironde. Pierre Brana a été ingénieur à EDF-GDF, responsable syndical CGT, puis secrétaire national du Parti Socialiste, député de la Gironde.